D-Club

 

Chapitre 5 : Le poing de Saint Michaòl

 

16 octobre 1999

-Erski… Donovan ?

DK se retourna sur son lit et enfonça son visage dans son oreiller. Korventin[1] s’assit sur le lit et secoua son fils adoptif.

-Donovan ? Erskine ? DK ? Lapin?

-Ngggg, ronchonna DK, p’paaaaa, m’appelle pas comme ça...

-C’est l’heure de te lever fiston…

-Naaaan, pas cours aujourd’hui… C’samedi…

Korventin Crimson leva les yeux au ciel. Réincarnation du Roi Noir ou pas, son fils gardait quelques mauvaises habitudes. Jouer à la console jusqu’à trois heures du matin en était une[2].

-Je sais bien, c’est demain l’anniversaire de Rowan et tu dois lui acheter son cadeau. Elle va arriver dans un quart d’heure…

DK se redressa d’un bond.

-HO %&*#$ !!!

-Je n’aurais pas dit mieux mon lapin…

-PAPAAAAA !!!

Korventin regarda son fils ouvrir son armoire en catastrophe, arrachant la porte par mégarde, jurant contre ce « matos pourri » puis s’habillant en quatrième vitesse embrayée… Korventin soupira en se remémorant sa première rencontre avec le dragon noir.

 

Seize ans plus tôt, Le Pays Sous la Colline, Capitale des Dragons, Maison de la famille Crimson.

Korventin se laissa glisser sur le mur dans son dos. Il tomba assis sur ses talons, le regard fixé sur le sol. Personne ne faisait attention à lui, tous étant occupés à soigner les malades. L’épidémie qui sévissait en ce moment la était inconnue, les Derwidds faisaient tout pour la juguler, mais plus qu’un virus, on envisageait la possibilité d’un empoissonnement de l’eau par les humains. Korventin serra ses genoux de ses bras et enroula sa queue autour de ses chevilles. Une dragonne rouge passa devant lui en courant, un enfant dans les bras mais s’arrêta et revint vers lui. Il reconnut Arielle, sa jeune sœur, et sa fille, la petite Rowan. Arielle s’agenouilla près de son frère et le prit contre elle.

-[Korventin, j’ai appris pour ta femme…]

-[Laisse moi Arielle…] Murmura Korventin en se recroquevillant encore plus.

Arielle n’obéit pas, comme a son habitude et posa sa main libre sur l’épaule de son frère.

-[Il ne faut pas que tu reste ici, tu risques de tomber malade.]

-[A quoi bon ? Elle est morte et le bébé… N’est même pas venu au monde… Elle l’attendait avec tant de hâte… C’est injuste…]

-[Korventin…]

-[Plus personne n’a besoin de moi…] Gémit le dragon rouge sans lever les yeux… [Personne…]

Arielle hésita longuement puis se releva et repartit sans un mot.

Korventin resta assis contre le mur.

Le lendemain, il n’avait toujours pas bougé.

Il remua a peine lorsqu’Arielle vint le secouer. Il leva les yeux et vit qu’elle portait un autre bébé que Rowan dans les bras. Un petit Kingfisher, d’a peu près deux ans, de la taille d’un jeune chien.

-[Ses parents sont mort], déclara juste Arielle en le lui mettant dans les bras, [je ne peux pas m’en occuper a cause de Rowan, alors en attendant qu’on trouve quelqu’un d’autre, tu t’en charge…]

-[Mais…]

-[Discute pas, tu es la seule personne que je connaisse qui ai le matériel pour s’en occuper !]

Korventin baissa les yeux sur le bébé dans ses bras. Comme tout les bébés dragon jusqu'à l’âge de cinq ans, il était sous sa forme dragonnique. Ses écailles noire étaient ternie par la poussière et par la boue, mais le bébé s’agitait vivement en réclamant à manger. Quelques mèches noires trop longues lui tombaient sur les yeux et Korventin les repoussa du doigt. Deux yeux vert aussi beau que deux émeraudes se fixèrent sur Korventin. Le dragon rouge tendit la main pour lui gratouiller le menton. Le petit dragon noir lui mordit le doigt vivement puis commença a le téter avec application.

-[Comment il s’appelle ?] demanda Korventin en laissant le bébé le mordiller.

-[Donovan Kingfisher… ]

-[Désormais, il s’appelleras Erskine Crimson… Je l’adopte.]

Arielle sourit d’un air malicieux.

-[Je n’en attendais pas moins venant de toi Grand Frère…]

 

-Papa, j’arrive pas a trouver mes godasses !

Korventin souleva un coin de la couette du lit de DK et sortit une paire de vieilles baskets de sous le matelas. DK se laissa tomber sur le lit pour les enfiler avec force juron. Korventin sourit en observant le jeune homme.

-tu sais, ça me fait plaisir…

-De quoi ? Demanda DK en faisant son lacet.

-Tu continue à m’appeler Papa…

-Je vois pas pourquoi j’arrêterais… Fit DK en se levant pour prendre son portefeuille, t’es mon père non ?

-Ton père adoptif seulement.

-Papa.

DK se planta devant le dragon rouge, les poings sur les hanches.

-C’est toi qui m’a appris a cracher le feu, c’est toi qui étais la pour calmer mes cauchemars, toi qui m’engueulait pour mes conneries, me félicitait pour mes exploits, me faisait réviser mes leçons… J’ai été conçu par un Kingfisher papa, mais celui qui a fait de moi ce que je suis, c’est toi… Et je t’en serais a jamais reconnaissant papa…

DK embrassa son père entre ses cornes et partit avec un signe de la main.

-Je fais une toilette rapide et j’y vais !

-Soit de retour pour le repas… Ajouta Korventin avec un petit sourire.

Quelques minutes plus tard, le dragon noir était partit avec Rowan. Korventin alla dans la salle de bain remettre l’ordre que la Tornade DK devait avoir inévitablement mis. Il ramassa la serviette par terre, reboucha le tube de dentifrice, serra le robinet qui gouttait puis leva les yeux pour se regarder dans le miroir. Il vit un dragon aux cheveux roux, aux longues cornes fuselées vers l’arrière, ses grands yeux acajous brillant malicieusement.

Il se figea en voyant une fissure dans le miroir.

-Par la roue solaire qu’est ce…

La fissure s’agrandit en craquant. Korventin plissa les yeux. Sur toutes la surface du miroir, des fissures s’ouvraient, formant des lignes et des dessins.

Des runes.

Korventin écarquilla les yeux en lisant le message qui explosa presque instantanément, réduisant le miroir a un tas d’éclats de verre. Korventin resta figé par la peur pendant au moins une bonne demi heure.

Le message avait été explicite :

[Je suis vivant]

 

-Enat ? Tu boudes ?

Enat ne répondit pas, se contentant de fixer son grand père d’un air grognon. Le vieux dragon soupira.

-Enat, je ne voulais pas que tu sois mise au courant pour que tu puisses avoir une vie normale…

-Tu savais que le Roi Noir allait revenir à cette époque…

-La prophétie avait été assez précise : « Tout recommenceras pour la Samain[3] de l’an deux mil.. »

-Ha zut, je comptais faire la bringue…

-Enat… Fit le Général d’un air consterné.

-Ba koi ? Il avait besoin de revenir cet empaffé ?

Le Général soupira puis s’installa au fond de son siège.

-Nous allons bientôt arriver au PSLC[4]

-On vas y entrer en voiture ? Fit Enat, étonnée.

-Bien sur que non, la technologie est interdite au PSLC, on prendras l’élévateur et un attelage nous attend en bas.

Au moment ou le Général parlait, la voiture s’arrêta devant une barrière. L’Elfe posté à l’entrée salua respectueusement le général et ouvrit la barrière. Le chauffeur gara la voiture et ouvrit a porte à Enat. La jeune fille se leva et suivit son grand père jusqu’à l’entrée du tunnel. Ils descendirent jusqu’à la Porte. Elle n’avait pas été réparée après l’entrée fracassante des humains et un grand trou ornait le panneau droit. Le Général, Enat et leur escorte traversèrent le trou et parvinrent jusqu'à une salle ronde, au sol couvert de parquet. Un Crimson assis au centre attendit que tous se soient assis autour de lui avant de lancer l’incantation de descente. Le sol s’ébranla et l’élévateur s’enfonça au plus profond des entrailles de la terre. Après une demi-heure de trajet, l’élévateur stoppa. Les femmes et les hommes entrèrent dans des vestiaires séparés et enfilèrent leurs vêtements traditionnels. Enat laissa tomber son tee-shirt court et son large pantalon militaire pour enfiler les braies serrées aux chevilles, la brassière bleue et le grand poncho échancré dans le dos qui formaient l’uniforme des Druis[5]. Une fois prête, elle alla attendre son grand père a l’extérieur. Elle vit l’attelage au pied du bâtiment. Quatre belles wyvernes attendaient le départ en mâchonnant leur mors. Enat se précipita vers elle pour leur faire des mamours.

-[Percy ! Kily ! Naoma ! Et ma jolie Ferchia !]

En reconnaissant la jeune fille qui jouait avec elles quand elle était petite, les wyvernes hennirent gentiment. Enat se hissa sur le dos d’une des wyvernes, aux écailles bleue presque noire et lui gratta l’encolure.

-[Ca va ma Ferchia ?]

La wyverne trilla en guise de réponse puis s’ébroua, agitant sa crête membraneuse. Le général descendit a ce moment la et vit sa petite fille assise sur le dos de la wyverne.

-Enat, arrête de papouiller les wyvernes, on y va.

-Oui grand père ! S’exclama Enat en descendant d’un bond, [A bientôt ma belle].

Ferchia henni de nouveau. Enat grimpa dans le carrosse à la suite de son grand père et s’assit sur la banquette en face de lui.

-On a beaucoup de chemin ? Demanda t’elle en ramassant le bas de son poncho pour l’empêcher de traîner par terre.

-Environ deux heures… répondit le grand père en sortant ses médicaments de sa poche.

Enat le regarda faire, légèrement inquiète.

-Tu es malade ?

-C’est mon cœur… Il fatigue… Enfin, ne t’en fais pas, c’est ta grand mère qui me soigne, elle sait parfaitement ce qu’elle fait…

Enat sourit, rassurée puis se tourna vers la fenêtre du carrosse. L’attelage s’était ébranlé et roulait le long des routes de terre battue du PSLC. Enat s’accouda à la fenêtre et regarda le paysage défiler. On se serait cru dans un autre monde, a une autre époque. Des paysans s’affairaient dans les champs à l’aide de faux et de charrettes tirée par de placides bœufs. La faible lumière diffusée par le plafond du PSLC gênait Enat, habituée à la lumière de la surface.

-Il fait si sombre ici…

 

-Finalement, on s’ennuie sans Enat et Spike pour mettre de l’ambiance, constata DK en allumant sa cigarette.

-Enat est partie avec son grand père au PSLC, dit Rowan.

-Et Spike ?

-C’est la Pleine Lune ce soir, il est partit avec son père hurler à la lune…

-Je ne pensais pas que Spike était croyant…

-Et pourtant… Ho ! Regarde ce collier !

DK soupira en levant les yeux au ciel.

-Tu es intenable ! Je croyais que tu voulais une robe !

-Ca te donneras des idées pour la Samain !

-Ha les femmes…

-Je ne te le fais pas dire !

DK et Rowan se tournèrent et virent Alloy approcher d’eux, une petite centaure[6] dans les bras et suivit de deux femelles centaures, l’une aux courts cheveux châtains clair et l’autre à la longue crinière noire et bouclée.

-Bonjour M’sieur Alloy !

-bonjour les enfants, vous sortez en amoureux ?

DK et Rowan virèrent à l’écarlate en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Alloy remonta la petite centaure sur sa hanche en riant. Il présenta sa famille.

-Mes deux épouses, Sheena et Kaithlyn, et ma fille Philomena.

-qu’elle est mignonne ! S’exclama Rowan, je peut la prendre ?

-Mais bien sur, fit Alloy en tendant sa fille à son élève. Donovan ?

-Hu ? Mais comment vous savez mon nom ? S’étonna DK.

-J’ai été assistant du professeur Fflwbart, avec Sheena , expliqua t’il en montrant la centaure brune.

-Vous le saviez vous aussi ?!! S’exclama DK, mais bordel, y’avait que moi qui n’étais au courant ou quoi ?

-Donovan, je dois te parler, fit Alloy d’un air grave.

-Si c’est au sujet des responsabilités à cause de l’autre macchabée, non merci ! Le prof et son équipe m’ont tenu la jambe pendant trois heures hier, j’en ai ma claque.

Alloy fixa DK quelques secondes, étonné puis éclata de rire.

-Ce n’est pas ça ! Tu t’es planté à la dernière interro, pour rattraper ta note, tu viendras en colle samedi prochain.

-Meuh ?

 

Enat leva les yeux.

Encore plus haut…

-Par la lune ansée, c’est énorme !

Le bâtiment devant lequel s’était arrêté le carrosse était d’un taille étonnante pour un bâtiment du PSLC.  Au moins cinquante mètres.

Mais le plus étonnant, c’était le grand dôme de cristal qui en formait la plus grande part.

-C’est le Mausolée ? Vaaaache !!!

-Suis moi Enat, fit le Général en entrant.

-Grand père, tu pourrais peut être me dire pourquoi on est là maintenant ? Non ?

Le Général leva sa main valide et effleura son moignon. Il soupira puis montra son bras endommagé.

-Que sais tu au sujet de mon bras ?

Enat se gratta l’ailette, pensive.

-Papa m’a dit que tu avais eut un accident quand il était bébé…

-Un accident, souffla le général, c’est un peu ça… Mon père a perdu son bras à ma naissance. Tout comme mon grand père à la sienne. Est ce que tu comprends ?

-A la naissance du fils, le père perd son bras ? Mais…

-Nous devons passer une épreuve à la naissance de notre premier fils… Ceux qui échouent y laissent leur bras…

Enat fronça les sourcils. Son grand père ? Echouer ? Toute fierté familiale mise à part, le Général Uriel Michaòl Derwidd était le dragon le plus fort qu’elle connaissait.

-Mais qu’elle est cette épreuve grand père ?

Le Général ne répondit pas et ouvrit une porte. Il fit entrer Enat puis alluma la lumière en montrant une direction.

-Lui.

Une capsule du même cristal que le dôme apparut, renfermant un long objet bleu. Enat s’en approcha avec curiosité et vit un gantelet posé sur un coussin sombre.

Il était fait de grosses écailles bleu sombre et semblait à moitié désassemblé. Les écailles étaient largement écartées les unes des autres, laissant voir celles de l’intérieur, hérissées d’aiguilles comme le dos d’un porc-épic.

-Grand père, c’est quoi ?

Le général s’approcha à son tour et posa sa main sur l’épaule d’Enat.

-Le Poing de Saint Michaòl. L’arme avec laquelle il tua le Roi Noir.

Enat se tourna vivement vers son grand père, sans y croire.

-L’arme de Saint Michaòl ? Mais je croyais qu’il avait été enterré avec !

Le général hocha la tête.

-Il l’a été… Mais l’arme a été exhumée il y a quelques siècles…

-Mais c’est contre nos lois de violer une sépulture ! Il risque de ne pas trouver le repos !

-[Je ne l’aurais pas trouvé de toute manière…]

Enat sursauta et pivota sur elle même. Il n’y avait personne dans la pièce à part son grand père et elle.

-Qui as parlé ? Demanda t’elle, une légère angoisse dans la voix.

-Viens, fit son grand père en ouvrant une porte.

La porte menait directement dans le dôme. Enat suivi son grand père jusqu’à une pyramide pierre au sommet duquel était placé un cercueil de pierre. En grimpant les marches menant au cercueil, Enat sentit la guérison en elle s’agiter. Elle regarda autour d’elle. Tout dans ce bâtiment semblait avoir été conçu pour la guérison. L’air était aussi pur que dans les hautes alpes, la lumière, réfléchie par les facettes du cristal, était aussi vive qu’à la surface. La végétation qui poussait autour était composée uniquement de plantes médicinales. Enat s’arrêta devant le cercueil. Il n’était pas fermé et elle put voir le squelette d’un homme dragon posé au fond. Son grand père se tourna vers elle.

-Voici Saint Michaòl Enat. Regarde le bien.

Enat s’agenouilla devant le cercueil, fit une rapide prière à Diancecht puis se pencha sur le squelette. Elle détecta machinalement diverses fractures, une des côtes, une ailette brisée, les os du bras gauche fissurés et…

Enat avança la main et effleura le crane.

A la base de la mâchoire, sur le côté du cou, une large fente était ouverte. Enat se pencha de l’autre coté et vit la fente par ou était sortit la lame ayant causé la blessure. Elle écarta la main, soucieuse de ne pas troubler davantage le repos du cadavre. Le crane bascula sur le côté sans qu’elle l’eut touché.

Enat sursauta en se redressant d’un bond. Elle sentit la guérison s’agiter autour d’elle.

-Grand père qu’est ce qui se…

Elle ne finit pas sa phrase, coupée dans son élan par le spectacle devant ses yeux.

Les os tremblaient, se recouvrant de chair et de muscles. Enat laissa choir sa mâchoire sur ses genoux. Très vite, une peau blanche recouvrit les muscles juste régénérés. Les ailes retrouvèrent leur voilure bleue tandis qu’une longue chevelure bleue pale se déroulait sur le crane. En quelques secondes, le corps de Michaòl s’était régénéré. Il ouvrit les yeux, d’un très beau bleu pâle puis se leva et se tourna vers Enat.

Laquelle, trop occupée à avaler les mouches, mit au moins une demi-minute à intégrer le fait qu’elle matait un homme à poil.

-HYAAAA ! Cria t’elle en se retournant.

-[Ho ! Je suis désolé !] s’exclama Michaòl en se tournant dans tout les sens, aussi rouge qu’Enat. [Auriez-vous l’obligeance de me prêter une pièce d’habillement ?] Fit il en se tournant vers le général.

Le Général défit son manteau et le tendit au dragon bleu qui le noua autour de ses hanches. Il se tourna ensuite vers Enat, toujours braquée dans l’autre sens.

-[Petite ? Tu peux te tourner], fit il en s’asseyant sur le bord de son cercueil de pierre.

Enat risqua un coup d’œil par dessus son épaule et se détendit en constatant que son ancêtre s’était couvert. Elle le regarda en face, le détaillant avec étonnement.

Nombreuses étaient les représentations de Saint Michaòl. On le décrivais en général comme un grand dragon bleu en armure, brandissant une lance d’une main et une épée de l’autre, couronné d’un croissant de lune et doté d’une impressionnante musculature.

Seul le croissant de lune était vrai.

Ses cornes étaient superbe, parfaitement symétriques, blanches et tranchantes.

Michaòl n’était pas très grand, à peine quelques centimètres de plus qu’Enat. Et tout aussi peu musclé qu’elle. Ses longs cheveux bleu lui coulaient dans le dos jusqu’aux reins, accentuant encore l’air efféminé de sa silhouette mince et son visage aux traits fins. Enat essaya de parler mais ne put articuler une phrase cohérente qu’après s’être raclé la gorge à plusieurs reprises.

-[Tu… Tu es un Deux-Fois Né[7] ?]

Le dragon hocha la tête en souriant mélancoliquement. Il dévisagea Enat puis congédia le Grand père d’un signe de tête.

-[C’est étrange], dit il pendant que le vieux dragon s’éloignait, [j’attendais un garçon…]

-[Et moi je m’attendais pas a un canon… HEU ! Non, je veux dire que… Enfin je…] Ho zuuuuut…

Michaòl se mit à rire devant l’embarras d’Enat. La jeune fille rougit et changea de sujet de conversation.

-[Le Roi Noir est de retour.]

Michaòl cessa de rire et tourna un regard peiné vers Enat.

-[Alors ça y est… Ca a recommencé…]

Enat approcha, les mains largement écartées.

-[Il faut que tu reviennes te battre ! Reprend le poing et aide-nous Saint Michaòl!]

Michaòl secoua la tête.

-[Je ne peux quitter cet endroit… Hors du dôme, je redeviens un cadavre… Combattre Kieran est désormais du ressort de mes descendants.]

-VOUS VOUS FOUTEZ DE MOI ?! Hurla Enat avant de se souvenir qu’elle parlait avec une légende, [Heu je veux dire…]

-[As tu compris pourquoi les Héritiers de la famille Derwidd sont tous manchot à la naissance de leur fils ?] Demanda abruptement Michaòl.

Enat déglutit péniblement, la bouche sèche. L’image du Poing apparut dans son esprit, accompagnée de celles des bras abîmés du Saint et de son Grand père.

-[Ils… Ils essaient de maîtriser le Poing…] Murmura t’elle.

-[Et le poing brise les bras des faibles…]

Enat frissonna. Elle leva les yeux vers son ancêtre. Il la regardait d’un air triste, mais déterminé. Enat comprit ce qu’il sous entendait.

-[Wo wo wo! Minute la ! Tu veux que MOI je maîtrise le Poing ?]

-[Oui]…

Enat resta muette de stupeur devant la franchise de son ancêtre. Celui ci agita la main devant ses yeux.

-[Petite ?]

Enat se secoua et reprit la parole.

-[Hola hola, on se calme, temps mort, pause ! Comment veux-tu que je maîtrise le poing, et… et pourquoi d’abord ?]

-[Seul le poing peut tuer Kieran] répondit Michaòl.

-[Mais si je tue ce taré… DK va…]

-[Si Kieran revient, tu devras considérer ton ami comme mort.]

-[Mais je ne veux pas !]S’emporta Enat, [ je ne peux pas tuer DK !]

-[Petite], commença Michaòl.

-[Je m’appelle E-NA-T ! C’est pas compliqué non ? Et je refuse ! Je ne veux pas tuer DK !]

-[Je te comprends], fit Michaòl.

-[Vous pourrez essayer de me convaincre si vous…] Hein ?

Enat s’interrompit.

-[Pardon ?] fit elle, surprise.

Le dragon bleu se redressa et posa la main sur l’épaule de sa descendante. Il lui sourit gentiment.

-[ Je te comprend mon petit Ange… Retourne à la surface et protège ton ami du mieux que tu pourras… Je ne peux rien faire d’autre que prier, mais je souhaite de tout cœur que Kieran ne tueras pas ton ami.]

Enat hocha la tête puis sourit à son ancêtre. Elle commença a s’éloigner mais s’arrêta et se tourna une dernière fois vers le dragon bleu.

-[Pourquoi êtes vous un Deux-Fois Né ? Vous êtes un saint, vous ne pouvez pas être damné…]

Michaòl poussa un long soupir à fendre l’âme et leva les yeux vers le ciel.

-[Si, parce que j’ai commis un crime si grave que mon âme ne pourras jamais trouver le repos…]

Enat réfléchit quelques secondes puis secoua la tête, les sourcils froncés par l’incompréhension.

-[Un crime ?]

Michaòl baissa les yeux.

-[J’ai… J’ai tué la personne que j’aimais le plus au monde… J’aurais tout fais pour être à ses côtés, et pourtant…]

-[Je n’ai jamais entendu parler du fait que tu ais tué quelqu’un d’autre que le Roi N…]

Enat s’interrompit en comprenant et porta les mains à sa bouche. Elle interrogea son ancêtre du regard. Il lui sourit et hocha lentement la tête.

-[Oui Enat… La personne que j’aimais le plus au monde, c’était le Roi Noir… Kieran Kingfisher…]

 

-Et tu ne l’ouvre que demain ! S’exclama DK en tendant un paquet cadeau à Rowan.

La jeune dragonne lui donna une petite tape.

-non mais tu me prends pour Rori ?

-C’est peut être de famille, dit DK , un petit sourire narquois aux lèvres.

-Ma famille t’en fais partie !

Le vent se leva a ce moment la, emportant le foulard que Rowan portait dans les cheveux. DK lui couru après sans le quitter des yeux.

Occupé a ne pas le perdre du regard, il ne remarqua pas qu’il était sur la route.

Une voiture klaxonna.

DK tourna la tête et vit l’engin rouler vers lui à tout vitesse.

« mer… »

-[Par mon sang et par mon rang, que la terre soit ma coquille !]

« …de ? »

Un mur de pierre brune s’érigea devant lui, déchirant le bitume comme du papier. La voiture percuta le mur de toute sa vitesse. Rowan se précipita vers DK, figé en état de choc devant le mur de pierre qui commençait à se résorber.

-DK !!! Ca va ?

-‘W.. ‘Wan, c’est toi qui… Le mur…

Rowan secoua la tête.

-DK… C’est toi qui a lancé le sort…

-n… Non…

DK regarda sa cousine d’adoption.

-C’est « lui »…

 

A suivre :

Hors Série 1 :

La Lune et La Comète

 

Ultimate Neko :

 

Le croissant souriant. Les amis sont a une table, Enat fait la navette entre eux et les autres clients. Kineko entre en traînant quelqu’un par la main.

Kineko : Salut la foule !

DK : Salut la folle…

Kineko : Je voudrais vous présenter Michaòl…

Enat : Hééééé ! Saint Michaòl ? Mais je croyais que vous ne pouviez quitter le Mausolée !

Michaòl : Heu, oui mais Kineko a dit que je pouvais pour les délires de fin.

Spike : Bienvenue en enfer mademoiselle.

Grand silence. Regard noir de Michaòl. Fou rire de Kineko.

Kineko : Bah ça commence bien ! ARF ARF ARF !!!

Enat en se penchant vers Spike: C’est un homme et c’est mon ancêtre.

Spike : Hein ? Mais il est encore plus mignon et féminin que toi !

Enat : Toi, t’es mort.

Spike : Eep ! Noooooon !!!

Enat court après Spike dans tout le magasin. Kineko, un croissant  à la main en guise de micro, commente la course poursuite.

Kineko : Spike semble bien partit mais Enat se rapproche inexorablement. Messieurs Dame c’est une course d’anthologie qui se déroule sous nos yeux !!!

Michaòl  les regarde faire, une grosse goutte de sueur sur le crane.

DK en lui tapotant l’épaule : T’en fais pas, on s’y habitue…

Michaòl : Ciel…

Rowan : Kineko, que vas t’il se passer dans la suite ?

Kineko : Ha oui, interruption momentanée de l’histoire !

Tous : OUAIIIIIIIIS !!!

Kineko : Bande de  *%&# !! Laissez moi finir ! Au prochain épisode, le Hors Série 1 : La Lune Et La Comète, un chapitre consacré à Spike et son papounet !

 

[1] Du Breton Korventin, la tempête.

[2] ND Kineko :Je confesse, c’est de moi qu’il tiens ça…

[3] Le nouvel an celtique qui a lieu le premier novembre…

[4] Le Pays Sous la Colline, c’est de la pure flemme…

[5] Guérisseur d’un rang supérieur. Il est suivit des liargs (médecins) puis des deogbaises (herboristes et pharmaciens). Au fait, l’uniforme des femmes drui est porté avec une jupe en général, mais allez donc imaginez Enat en jupe vous !

[6] Centaurette ? centaurine ? Centaura ? Centaurée ? Jeu concours, comment appelles t’on une centaure femelle ? rien a gagner, si ce n’est mon estime éternelle !

[7] Un mort vivant koua, j’ai piqué l’expression dans les Chroniques de La Lune Noire, une BD splendide ! Et pis c’est si joli Deux-Fois Né ! En tout cas, c’est plus poétique que zombi ou mort vivant…

Chapitre 4

Hors Série 1