DISCLAIMER :

-Bon, le classique, Shun, Seiyar, Saori les chevaliers sont pas à moi. Ils appartiennent à Masami Kurumada et la Shoei Jump je crois. Je me fais pas de pépettes avec alors qu’on ne m’intente pas de procès, c’est juste pour le fun !

-Les jumelles, Pandit et Bhaïvara sont ©mouah

-Attention, YAOI !!!

-La légende des Ashuras est une véritable légende tirée des Védas sacrés, mais j’ai un peu adapté les facettes de Shiva, les Shaktis et le reste des légendes. Je sens que je vais en prendre pour mon Karma moi…

 Les Rêves D'Un

 Autre Temps  

 

Rêve 4 : Le Fauve Enchaîné

Un grand palais d’or et d’argent volant dans le ciel, d’une pureté absolue.

De grands jardins de fleurs de diamants et de cristal.

Des dieux à la beauté indescriptible, sereins et bienfaiteurs.

Des déesses couvertes de sang.

Kali avançait, fière et digne, ses armes rengainées, un sari ensanglanté noué autour de ses hanches, les seins nus. Toutes les déesses la suivaient, certaines blessées, fatiguées, mais rayonnantes de joie suite à leur victoire. Durga approcha de Kali.

-Cette fois, si Brahmâ nous somme de retourner à nos tissages, je lui fourre son épée dans le cul…

-Demande l’autorisation à Sarasvatî, sinon elle te fera une crise de jalousie, elle y tient à son deva.

Les dieux sur le chemin des Déesses s’écartèrent prudemment. Rester sur le chemin de Femmes ayant vaincu tous les Ashuras étant ma foi, peu prudent. Kali stoppa devant la porte du trône. Elle regarda tour à tour les dieux-gardiens devant la porte.

-Alors, vous l’ouvrez cette porte ou on doit s’en occuper ?

Les gardiens se jetèrent fébrilement sur la poignée et tirèrent les battants. Les déesses se ruèrent dans la salle en criant comme des adolescentes. Les trois dieux présents dans la pièce sursautèrent. Kali se planta devant l’un d’eux. Le dieu avait quatre bras et quatre visages, chacun pourvus de trois yeux. Et semblait extrêmement embarrassé. Kali leva la main pour intimer le silence à ses compagnes.

-Shri Brahmâ, les Ashuras ont été décimés.

-En êtes vous sure Shri Kali ? Demanda le Dieu.

Kali posa ses mains sur ses hanches.

-Demandez à Yama, le dieu de la mort… Son royaume doit être surpeuplé maintenant.

-Je confirme ! Fit la voix de Yami, sa shakti, dans la salle, déclenchant quelques éclats de rire.

Kali eut un sourire malicieux et regarda le deuxième dieu derrière Brahmâ. Celui ci avait la peau bleue presque noire mais contrairement à son congénère, une seule paire de bras et un seul visage binoculaire.

-Shri Vishnu, j’espère que nous n’avons pas fait honte aux Devas en combattant à leur place.

Vishnu ne releva pas l’intonation insolente dans la voix de Kali et hocha la tête. Un éclat de rire retentissant se fit entendre venant de la fenêtre. Les femmes se tournèrent vers le troisième dieu. Sa peau était blanche comme le lait, mis à part une grande tache bleue sur sa gorge, s’étendant jusqu’au bas de son sternum. Ses longs cheveux bouclés étaient relevé en un chignon très lâche dont s’échappaient de nombreuses mèches folles et sa tunique amplement ouverte laissant voir un torse large et plat. Assis sur la rambarde, dans une position désinvolte, il regardait les devis.

-Alors les filles, on s’amuse sans moi ?

-Shivaaa ! S’exclama Parvati en lui sautant au cou.

Le dieu se laissa faire en souriant et l’embrassa sur le front, juste à côté de son troisième œil.

-Tu t’es bien battue Parvati… Vous avez toutes combattu bravement, malgré le fait que vos rôles d’origine ne vous destinaient pas à cette guerre.

Shiva se releva et avança vers les femmes.

-Plus qu’une démonstration de force, vous avez prouvé que les devis et les shaktis peuvent être aussi fortes et déterminées que les prétendus dieux suprêmes...

Il jeta un regard narquois à Brahmâ et Vishnu qui essayaient de se faire discret.

-…Qui ne seraient pas fichus de reconnaître un piège si on le déclenchait sous leurs yeux. Devis, Shakti, je suis fier de vous… Retournez aux côtés de vos devas et mari… Désormais, vous serez leurs égales.

Les femmes poussèrent des cris de joies et s’éparpillèrent dans le palais. Kali avança vers Shiva et lui sourit de manière moqueuse.

-Une facette de Shiva nous a manqué durant ce combat…

-Le Terrible est un homme, il n’avait pas le droit d’intervenir… A son grand désespoir… Soupira Shiva d’un air affecté.

Kali approcha de nouveau et noua deux bras autour du cou du dieu et deux autres autour de sa taille fine. Shiva se laissa faire, posant ses propres mains sur les hanches pleines de la shakti.

-Vous vous êtes pourtant bien débrouillées sans moi…

-Ce n’était pas le combat qui était dur… C’était de ne pas t’avoir avec moi…

Kali pencha la tête et embrassa Shiva dans le cou.

-Tu m’as manqué Mahadeva…

-Toi aussi Mahadevi…

La déesse se hissa sur la pointe des pieds pour embrasser son dieu et époux. Ce faisant, elle entrouvrit légèrement les yeux, contemplant les yeux verts éclatants de son amant.

 

Les mêmes yeux, le même regard…

 

Shun ouvrit les yeux.

Il vit un toit de branchages et de feuillages au-dessus de lui.

-Hé ? Mais ou suis-je ?

Il s’assit et constata qu’on l’avait allongé sur une peau d’animal qu’il eut du mal à identifier. La cabane était minuscule et méritait à peine ce nom. Le sol était irrégulier, en creux, et les seuls objets qu’on y trouvait étaient brisés. Seule une potiche était à peu prés entière et contenait de l’eau. Shun la prit et but longuement. Il passa sa main dans ses longs cheveux verts. Le dernier rêve avait été tellement réel. Shun pouvait se souvenir du moindre détail, le palais, les dieux, les baisers de Shiva… A ce souvenir, il s’empourpra violemment.

« Mais qu’est ce qui me prend ? Shiva était un homme… Bon j’étais dans le corps d’une femme mais c’est pas une raison ! Et puis… Et puis c’est elle qui avait les commandes, d’abord. Bon… »

Shun se leva et se cogna la tête à une branche du plafond. Il se laissa tomber à genoux en marmonnant et se dirigea vers la porte en avançant courbé. Il repoussa la peau d’animal qui bouchait l’entrée et mit un pied dehors.

Il eut juste le réflexe de s’agripper à une branche à côté de la porte quand son pied rencontra le vide. Il jura et reprit son équilibre de justesse avant de considérer la situation.

-Evidemment…

Le fait que la cabane ait été bâtie sur des branches encore vertes aurait dut lui mettre la puce à l’oreille. La cabane était en fait construite sur l’intersection des branches d’un arbre colossal. Shun se pencha et évalua la distance qui le séparait du sol. Cinq mètres, ça ne pouvait pas le tuer. Il sauta au sol et amortit le choc d’une roulade. Il se redressa en époussetant son pantalon et regarda autour de lui. Au pied de l’arbre, il y avait un point d’eau limpide auquel venaient boire de multiples animaux sauvages. Shun craignit un instant d’être attaqué en reconnaissant les fauves de la veille mais se calma en se souvenant que les seuls à pouvoir se plaindre de cette agression étaient les rôtis et Pandit. Il regarda autour de lui. La clairière autour de l’arbre et de l’étang n’était pas très étendue et cernée de hauts arbres, mais des rayons de soleil filtraient par leur épaisse ramure. Shun se retourna doucement en sentant une présence dans l’eau. Il pivota sans geste brusque, calmement et fit face à la présence.

Bhaïvara le regardait, impassible.

Sa ressemblance avec Shiva sauta aux yeux de Shun. Le même visage fin, presque efféminé, aux traits nobles et calmes. Et les yeux. Verts, étincelants, vivants.

Bhaïvara marcha dans l’eau jusqu'à la berge et jeta sa prise ( un gros poisson d’au moins un mètre) devant lui avant de se hisser sur la berge. Il s’accroupit devant la prise et s’ébroua. Sa longue natte rousse vola quelques instants avant de retomber sur son épaule. Il fixa Shun pensivement puis pencha la tête d’un air curieux. Il ressemblait tant à un chaton dans cette attitude que Shun dut réprimer l’envie de s’écrier « kawaï ». Bhaïvara approcha de Shun en marchant appuyé sur ses orteils et  ses phalanges. Arrivé devant lui, il le renifla puis le saisit par le poignet et le tira au sol. Shun tomba à quatre pattes, sans comprendre. Puis, Bhaïvara se retourna et revint vers le poisson. Il le donna à Shun. Le chevalier d’Andromède considéra le poisson mort, se demandant ce que l’homme sauvage pouvait bien vouloir qu’il en fasse. Puis, priant pour ne pas faire de bêtise, il sortit son canif, cadeau de Hyoga et ouvrit le ventre du poisson. Il le vida méticuleusement sans cesser de jeter des coups d’œil apeuré vers le rouquin. Lequel semblait l’avoir totalement oublié et jouait avec un jeune tigre à « c’est-moi-qui-te-mord-plus-fort ». Shun soupira et écailla le poisson.

« Qu’est ce qui va m’arriver… ho Nii-San… »

 

-Shri Kido, je ne mets pas votre parole en doute… Je suis tout aussi persuadé que vous de l’existence de ses peintures.

-Alors pourquoi ne voulez-vous pas lever la malédiction ? Demanda Saori, au bord de la crise de nerf.

Pandit la fit asseoir et lui tapota les mains.

-allons Shri Kido, calmez-vous… Ces peintures existaient, je suis d’accord, mais rien ne dit qu’elles représentaient la réalité…

-Mais…

-De plus, coupa Pandit avec autorité, si Bhaïvara était aussi innocent que ça, il n’aurait pas enlevé votre ami…

Saori passa une main tremblante dans sa chevelure mauve. Elle était trop nerveuse, elle le savait, et son pouvoir pouvait lui échapper à tout moment. Elle devait se calmer avant tout.

-Shri Pandit, veuillez excuser mon attitude…

Le Gourou sourit et lui serra amicalement les mains.

-Je vous en prie Shri Kido, c’est compréhensible… Un de vos meilleurs amis vient d’être enlevé et on ignore même s’il est encore en vie…

-Shun est vivant.

Saori et Pandit se tournèrent vers Ikki. Le chevalier du phénix soutint le regard courroucé de Saori.

-Il est vivant… je le sens… Et il va bien… Sinon, il m’aurait déjà appelé… Dés demain, je pars à sa recherche, et si Bhaïvara lui a fait le moindre mal…

Ikki frappa sa paume de son poing serré.

-Je le tuerais…

Il ressortit de la pièce, laissant là le gourou et la déesse. Il alla dans le jardin, cherchant un peu d’air frais histoire de se calmer. En approchant du point d’eau, il reconnut le sari blanc de Durga, assise sous une tonnelle et, au bord du bassin, Parvati, recroquevillée sur elle-même, le regard perdu dans les reflets de l’eau.

-Shri Parvati ?

La Shakti sursauta et se tourna vers Ikki. Elle se détendit  en reconnaissant Ikki.

-Ho, Shri Ikki…

-Je vous ai fait peur?

La jeune fille secoua la tête et se releva.

-J’avais la tête ailleurs…

Ikki leva la main et essuya une larme qui coulait sur la joue de l’Hindoue. Elle eut un petit mouvement de recul mais se laissa faire.

-Qu’y as-t’il Shri Parvati ?

-Rien, murmura Parvati en secouant la tête.

-Vous ne semblez pas être le genre de femme qui pleure pour rien… Ca as un rapport avec Bhaïvara ?

Parvati soupira et hocha la tête. Elle s’écarta d’Ikki pour s’asseoir prés de sa sœur.

-C’est de ma faute ce qui est arrivé à votre frère… Si je ne lui avais pas dit d’aller au Temple…

Ikki avança à son tour et s’assit devant la jeune fille.

-C’est vous qui lui avez conseillé d’y aller ?

Elle hocha la tête.

-A cause de ses cauchemars… Je pensais qu’il devinerait les raisons de ses rêves là-bas…

-Quel rapport avec ses cauchemars ? Demanda Ikki, les sourcils froncés.

Parvati leva les yeux et dévisagea le jeune homme.

-Vous l’ignorez ?

Elle lui raconta tout ce que Shun lui avait révélé. A la fin du récit, Ikki secoua la tête.

-J’ai l’impression que plus l’histoire se dévoile, moins je la comprends… Quel est le rapport entre Shun, Bhaïvara et une guerre qui a eut lieu ( si elle a eut lieu) des centaines d’années auparavant ?

Parvati haussa les épaules d’un air impuissant.

-Je l’ignore… Entre Bhaïvara et les devas, je vois un rapport, mais il est tellement improbable…

-Allez-y toujours.

-Vous savez que Shiva a trois aspects… Le Yogi Dakshinamurti, le dieu de la guerre et de la danse, Nataraja et enfin le Seigneur des Démons et des Morts… Bhaïvara, le Terrible.

Les yeux d’Ikki s’écarquillèrent tant que la jeune fille eut la sensation qu’ils allaient sauter de ses orbites[1].

-Bhaïvara est une réincarnation de Shiva ?!!

Parvati secoua la tête.

-Non, c’est impossible… Et puis, Bhaïvara est un nom couramment donné par ici. Comme… Le nom des anges chez les Européens… Un nom porte-bonheur en quelques sortes…

Ikki soupira.

-Retour à la case départ… De toute manière, Dieu, démon ou simple humain, celui qui fait du mal a mon frère le regretta amèrement toute sa vie durant !!!

 

-Mais n’ai pas peur ! S’exclama Shun en posant le poisson sur un grill rudimentaire en bois.

Bhaïvara stoppa un moment puis reprit ses déplacements concentriques autour du feu que Shun avait allumé. Le chevalier soupira. Visiblement, l’homme sauvage ne lui voulait pas le moindre mal, mais son incapacité à aligner deux syllabes cohérentes gâchait toute possibilité de communication entre eux. L’odeur du poisson grillé commença à s’élever et Shun en préleva un morceau pour éprouver la cuisson. Attiré par le fumet appétissant, Bhaïvara cessa de tourner comme un lion en cage et s’approcha en reniflant. Shun le regarda venir puis lui tendit lentement le morceau de poisson à plat dans sa paume. Bhaïvara pencha la tête, aux aguets, prêt à bondir au moindre mouvement brusque de la part du feu. Il renifla la chair grillée et la prit délicatement dans ses mâchoires. Il s’écarta en mastiquant posément, les yeux plissés. Puis il se lécha les babines et se rapprocha de Shun en montrant le poisson.

-Encore ?

Il hocha la tête. Shun découpa le poisson en morceaux épais, les donnant à Bhaïvara au fur et à mesure. L’homme sauvage mangea avidement, ravi de la nouvelle saveur puis entreprit de nettoyer ses mains et son visage à grands coups de langue. Shun avala sa part à son tour, réfléchissant aux derniers évènements. Il regarda Bhaïvara qui s’amusait à tracer des dessins dans la poussière. Il reconnut les graffitis du temple.

« Hé, c’est peut être une solution… »

Shun s’agenouilla et dessina à son tour. Il reproduisit le dessin représentant l’agresseur de Durga. Immédiatement, Bhaïvara se mit à hurler et frapper le dessin de ses poings serrés. Shun eut un mouvement de recul.

-Holà, holà, Bhaïvara, calme-toi ! Calme-toi…

Shun se releva et prit Bhaïvara par les épaules pour le serrer contre lui. Le jeune homme se débattait en criant mais Shun connaissait la manière de maîtriser un fou furieux. Il le serra contre lui en murmurant des paroles de réconforts que l’homme sauvage ne comprenait probablement pas, mais dont le ton l’apaisa.

-Chut Bhaïvara, Chut… Chhhhhh… Tout vas bien… c’est fini… Du calme…

Bhaïvara enfouit son visage contre l’épaule de Shun et geignit quelques minutes comme un animal blessé.

-Voilaaa… c’est bon, c’est fini… C’est fini…

Shun resta ainsi de longues heures à bercer le jeune homme, se demandant qui avait bien put le rendre ainsi.

 

-Ha non !

Bhaïvara se hissa jusqu'à une branche et s’assit dessus. Il se tourna vers Shun et tendit la main.

-Tu es marteau… c’est non ! Répéta Shun.

Il jeta un coup d’œil peureux vers le bas. Le lendemain de la crise de colère de Bhaïvara, l’homme sauvage l’avait amené jusqu’à un arbre de l’autre côté du lac. Shun avait ainsi découvert un de ses passe-temps favoris: plonger du haut des vingt mètres de l’arbre. Au bout de quelques plongeons, Bhaïvara avait fait signe à Shun de venir mais le jeune homme ne plongeait pas au-delà de dix mètres.

-Il n’est pas question que j’aille plus haut !

Bhaïvara eut sa mimique de petit chaton curieux puis sourit espièglement. Il bascula soudainement en arrière, les genoux crochetés autour de la branche et saisit Shun par le bras. D’un coup de rein, il se redressa et passa son autre bras sous les jambes de son jeune ami qui, prit de court, ne réagissait pas. Bhaïvara se leva d’un bond et prit son appuis sur la branche. Shun comprit à ce moment.

-Ho nooooooooooooooooooon !!!!

Bhaïvara sauta.

 

-Abruti ! Taré ! Crétin! Cinglé !

Shun apostrophait son compagnon d’injures qui le laissèrent de marbre… Ou plutôt, qui provoquèrent une belle hilarité. Bhaïvara s’immergea complètement et nagea vers Shun, dans une parfaite imitation des dents de la mer. Shun se prit au jeu  et tenta de rejoindre la rive avant d’être rejoint par le rouquin[2]. Alors qu’il n’était qu’a un mètre du rivage herbeux, Bhaïvara jaillit du liquide et l’enfonça dans l’eau. Shun prit sa respiration avant d’être submergé et profita de la force du jeune homme pour l’entraîner à sa suite. Surpris, Bhaïvara relâcha sa prise, permettant au jeune homme de s’écarter en nageant. Il remonta à la surface et se souleva sur le talus herbeux. Arrivé là, il se tourna vers Bhaïvara, haletant, mais le sourire aux lèvres.

-Je t’ai eut !

L’homme sauvage remonta à son tour et s’ébroua. Puis il se gratta le crane, défaisant à moitié sa natte par la même occasion. Shun s’agenouilla près de lui et défit la cordelette de cuir qui maintenait l’extrémité de la tresse.

-Attend, je vais la refaire.

Shun s’assit les jambes croisées et défit patiemment la natte rousse. Les cheveux de Bhaïvara étaient splendides, le soleil semblait y jeter des flammes chaudes, même mouillé comme ils étaient. Au détour d’une mèche, Shun aperçut un point blanc. Intrigué, il y porta la main et le regarda attentivement.

Un pétale.

Blanc barré de rouge.

Le jasmin ensanglanté.

Shun se pencha pour regarder Bhaïvara.

-Durga ?

Il lui rendit son regard, mais souriant et doux.

-Tu vas voir Durga ?

Bhaïvara sembla se concentrer, mais comme à chaque fois qu’il le faisait, son attention était détournée par la malédiction et il commença à se lever pour aller jouer avec les jeunes tigres. Shun le retint en refermant sa main blanche sur l’épaule basanée de Bhaïvara.

-Bhaïvara… C’est Durga qui fait ta natte ?

Bhaïvara plissa les yeux, le front ridé par ses efforts pour penser correctement. Il finit par hocher la tête. Shun le lâcha.

-Si elle te laisse l’approcher, alors ce n’est pas toi qui lui as fait du mal… Bhaïvara… Ecoute-moi… Qui as fait du mal à Durga ?

Le jeune homme bondit sur ses pieds et commença à faire des aller-retours nerveux, comme quand il avait été confronté avec le feu. Shun craignit un moment qu’il pique une crise semblable à celle de la veille, mais il se dirigea vers sa cabane et y grimpa aisément. Il redescendit quelques secondes plus tard, la main resserrée sur un petit objet qu’il tendit à Shun.

-Lui, murmura t’il.

Shun se figea. Depuis leur première rencontre, presque douze ans auparavant, c’était la première fois qu’il entendait Bhaïvara parler. Bien que la déclaration soit courte, la voix semblait grave et chaude.

Comme celle de Shiva.

Shun s’arracha aux souvenirs de ses rêves et regarda l’objet que lui avait donné Bhaïvara. Il s’agissait d’une espèce de broche ouvragée en métal. Il y avait eut de l’émail par-dessus, mais celui ci s’était écaillé. Shun regarda Bhaïvara.

-C’est à lui ?

Bhaïvara grogna sourdement. Shun leva  la main et la plaça sur les épaules de Bhaïvara. Ce simple contact, il s’en était aperçut, avait le don de calmer Bhaïvara. Le jeune homme approcha de Shun et se nicha contre son épaule. Shun soupira mais serra quand même le jeune homme contre lui et se détendit. Tout était si calme autour d’eux. Tellement tranquille.

Il ferma les yeux.

Il les rouvrit en sentant un baiser dans son cou.

Shun se redressa vivement et vit Bhaïvara reculer.

-Bhaïvara mais… Que…

Le jeune homme hésita avant de s’approcher de nouveau de Shun, toujours à quatre pattes. Il pencha doucement son visage vers celui de Shun et effleura ses lèvres des siennes.

Shun resta hébété devant son ami.

Bhaïvara venait de l’embrasser.

Un homme venait de l’embrasser.

Shun rougit violemment. Certes, le baiser avait été plus chaste que celui de Kali et Shiva, mais cette fois, c’était dans la réalité…

Et puis c’était un homme !!!

Shun passa sa main dans ses cheveux pour se donner contenance et baissa les yeux.

«  Mais qu’est ce qu’il lui prend ? Il n’arrive pas a voir la différence avec un homme et une femme ou quoi ? Bon, c’est vrai que je suis un peu délicat[3], ça l’a peut être induit en erreur et… Et… »

Encouragé par le silence de Shun, Bhaïvara approcha de nouveau et cette fois, s’assit devant Shun avant de le prendre par les épaules.

Shun se raidit lorsque Bhaïvara l’attira de nouveau contre lui, mais lorsque ses lèvres frôlèrent les siennes, il ne put s’empêcher d’entrouvrir la bouche pour approfondir le baiser.

« Aussi doux que Shiva… » Pensa Shun en savourant le contact des lèvres de Bhaïvara contre les siennes. « Mais ce n’est pas Shiva » se reprit-il soudain, « et je ne suis pas Kali… »

Shun se dégagea fébrilement et s’écarta, le rouge aux joues. Il prit quelques profondes respirations avant de se tourner vers Bhaïvara.

-Bhaïvara, écoute, je… Je suis un garçon et toi aussi… Ce n’est pas possible et…

Bhaïvara tendit la main vers Shun.

-Homme.

Shun hocha la tête et s’apprêta à continuer mais Bhaïvara se montra du doigt.

-Homme.

-Que ?

Il approcha de Shun et prit son menton entre ses mains.

-Deux hommes.

Il l’embrassa de nouveau.

-Bhaïvara aime Shun.

Il embrassa encore le jeune homme aux cheveux vert, prolongeant le baiser jusqu’à l’essoufflement.

-Shun aime Bhaïvara ?

Shun leva les yeux vers  Bhaïvara. L’expression de Bhaïvara était à mille lieux de sa mimique de chaton ou de son air de sauvageon. Sérieuse et douce à la fois.

Comme shiva.

« Ce n’est pas Shiva... » se dit Shun en essayant de lutter contre son envie de se serrer contre lui « Et… Je ne… suis pas… Kali… »

Shun ferma les yeux et se laissa aller dans les bras de Bhaïvara. Si doux… Si chaud… Shun leva les mains et les noua autour du torse musclé de Bhaïvara. Il enfouit son visage contre l’épaule brune de son ami. Il sentait si bon. A la fois le soleil et l’eau, le vent et la forêt.

-Bhaïvara, murmura Shun.

En guise de réponse, Bhaïvara glissa ses mains le long du dos nu de Shun. Celui ci frissonna sous la caresse légère. Il imita les gestes du rouquin et le sentit frémir à son tour. Puis, Bhaïvara souleva Shun et l’allongea sur l’herbe, doucement, comme s’il portait un enfant malade ou une jeune fille. Cette dernière comparaison fit rougir Shun. Il n’aimait pas qu’on le prenne pour une fille, mais en l’occurrence, ce n’était pas désagréable. Juste… Intimidant…

Bhaïvara passa sa main sur le torse plat de Shun, effleurant timidement l’abdomen musclé, les pectoraux, puis les épaules et la nuque. Shun frémissait sous les caresses et regarda Bhaïvara. L’homme sauvage semblait hésitant, inexpérimenté…

«  C’est sa première fois à lui aussi… » Pensa Shun avant de lever la main pour la passer derrière la nuque de Bhaïvara.

Il se hissa jusqu’à sa hauteur et l’embrassa à son tour. Bhaïvara poussa un grognement surpris lorsque la langue de Shun effleura ses lèvres mais il se reprit vite et, ouvrant la bouche, laissa Shun prendre le contrôle du baiser. Shun leva son autre main et caressa tendrement les épaules larges de Bhaïvara, savourant le plaisir du moment, oubliant ses amis, son statut de chevalier, les problèmes actuels…

Bhaïvara passa une main autour de la taille élancée de Shun et le rallongea doucement dans l’herbe, sans cesser de l’embrasser. Shun s’écarta doucement et reprit son souffle. Il sentit que Bhaïvara se penchait sur lui et alternait caresses et baisers le long de son cou et de ses épaules. Shun réalisa que le sang lui monter aux joues alors que ses battements de cœur accéléraient. Bhaïvara descendit le long de son sternum et continua ses baisers sur son torse. Shun s’arqua pour profiter au maximum du plaisir occasionné par les baisers légers.

Bhaïvara se redressa d’un bond en grognant sourdement.[4]

Surpris de la disparition de la chaleur de son presque amant, Shun mit un moment à se redresser. Il s’assit, le feu aux joues et regarda Bhaïvara. Il se racla la gorge avant de s’enquérir des raisons de cette interruption.

-Bhaïvara ? Qu’est ce qui te…

Bhaïvara fit signe à Shun de se taire et sembla écouter. Shun l’imita. Il n’entendit d’abord rien de particulier. Des oiseaux qui s’envolaient dans les hautes branches. Un troupeau de gazelles qui s’écartaient-elles aussi. Des branches brisées. Des cris. Des jurons.

-Cette forêt veut ma peau !!!

-La ferme Seiyar !

-Ho, ça va Ikki, c’est de ta faute si on est là !

-Cesse de brailler, tu risques d’attirer Bhaïvara.

-Au moins, Shun saura qu’on le cherche… Fit la voix de Hyoga.

-Avec tout le boucan que fait cet abruti, il va croire qu’un troupeau de mammouth vient vers lui.

-Et gna gna gna…

Shun se releva.

-Ikki… et les autres… Ils viennent nous chercher Bhaïvara, on va…

Il se tourna vers Bhaïvara et trouva son emplacement vide. Ikki entra dans la clairière à ce moment là. Il vit Shun debout près de l’eau.

-Shun !

Son frère se tourna vers lui, l’air hébété.

-Ikki je…

Le chevalier du phénix se précipita vers lui et le prit dans ses bras, euphorique.

-Ca va Shun, Ca va… C’est fini… Il t’a fait du mal ? Il t’a frappé ?

Shun secoua la tête.

-N… Non… Mais… Il est parti quand.. Quand vous êtes arrivé et…

Shun secoua la tête et regarda son frère en s’exclamant :

-Il faut aller voir le gourou Pandit ! Ce n’est pas Bhaïvara qui a violé Durga ! Il doit lever la malédiction et…

Ikki serra son frère contre lui.

-Calme toi… Calme toi… tu lui expliqueras… Pour l’instant on va rentrer… Ou est ton tee shirt ?

Shun haussa les épaules, épuisé.

-Je sais pas… Je… Je suis fatigué…

-On rentre, déclara calmement Shiryu en faisant demi-tour.

 A suivre: Rêve 5: Le Vrai Visage Du Démon

 

[1] Pop ! Pop ! Désolée, j’ai pas put m’en empêcher…

[2] Rouquin, requin, gag… non ? Non… bouh…

[3] Le premier qui rigole, je lâche les monstroplantes, capito ?

[4] Nyark, nyark, vous y avez cru hein ?

 

Kitsune no yôni (comme le renard)

Kineko, Seiyar et Hyoga: DAKISHIMETA!!! KOKORO OO KOSOUNO!!!

Ikki: Qu'est ce qui se passe? On égorge un chat?

Shiryu: non non, Kineko a mit sa cassette de Saint Seiya...

Ikki: Ho misère...

Les trois: PEGASAZU FANTASY!

Ikki: y'a un moyen de les faire taire?

Shiryu: Aucun...

Ikki: *soupir*... Encore si elle se contentait de chanter... Mais non, elle écrit des fanfics...

Shiryu: Des fanfics yaoï en plus...

Ikki: Yaoï? Bah on a échappé a quelque chose...

shiryu: Ikki, tu n'as pas lu le dernier chapitre?

Ikki: non pourquoi?

Shiryu en lui tendant une disquette: Tiens.

Lis. Lis. Lis.

Ikki: NAAAAANI? KINEKO!!! QU'EST CE QUE TU AS FAIS A MON FRÈRE?!!!

Kineko: ho flute, v'la le râleur... pour une fois que j'étais presque arrivée a fair eune scène cochonne...

Ikki: JE VAIS MASSACRER CE PERVERS!!!

Seiyar: Il a l'air énervé... Faut le calmer...

Kineko: Pa ni problem!

Hyoga: Pardon?

Kineko, soupirant: Pas de problème... Rah je vous jure... Bon je l'ai mise ou...

Seiyar: Vite! Il a presque rattrapé Bhaïvara!

Kineko: Ha je l'ai!

Kineko extrait une massue de bois de son sac.

Hyoga: Le manche est trop court...

Kineko: Ha ha!

Elle appuie sur un bouton et le manche s'allonge suffisamment pour atteindre Ikki.

BONK (<--bruit au loin)

Kineko: Nyak nyak nyak...

Seiyar: C'est quoi c'te massue?

Kinek en embrassant la massue: " massue télescopique" poukoi?

Shun: Heu...

Kineko: vi chouchou?

Shun: Que ce passe t'il dans le porchain chapitre?

Kineko: Dernier chapitre...

Tous: OUAIIIIIIIIIIIIIIIIS!!!

Kineko: Le Véritable Démon se dévoile et les rêves prennent fin... Le Réveil est proche...

Seiyar: agru? En décrypté?

Kineko: On comprend tout, hé patate!