Karine courrait. Il n'y avait rien autour d'elle quand elle courrait, mais il fallait qu'elle fuie. Pour échapper... Pour échapper à qui? A quoi? Son pied buta sur quelque chose et elle tomba lourdement. Elle essaya de se relever mais ses pieds restèrent collés au sol et commencèrent à s'enfoncer. Karine essaya de se débattre sans succès. Au moment ou elle allait s'enfoncer complètement, une main lui saisit le poignet tandis qu'une voix douce se faisait entendre.
Accroche-toi...
-Qui... Qui êtes vous?
Une autre main lui prit le bras et la hissa doucement. Karine essaya de voir ceux qui la sauvaient.
-Je ne vous vois pas..
Ne t'inquiètes pas.
Nous sommes la pour toi...
Le sol redevint solide sous les pieds de Karine et elle tomba assise. Elle leva les yeux vers le haut et eut juste le temps de voir deux chevelures disparaître, une blonde et une brune.
-Hum?!!
Karine ouvrit les yeux.
-Quel rêve débile... Cette histoire de miroir, c'est n'importe quoi...
A ce moment, un bras se posa sur elle. Karine se figea et remonta le long du bras. Elle vit Baï, endormi tout contre elle.
-KYA!!
Elle se redressa et s'écarta du jeune homme. Celui ci bougonna dans son sommeil et se retourna.
-C'était pas un rêve!!! Holalalalalala!! Je suis en Chine Ancienne avec les sosies de Kuro et Shiro, MEKEKJEFOULA???
-JYCOMPRENRIEN!!!!
Shiro lança les livres en l'air. Il s'accouda sur la table et jeta un coup d'œil sur un parchemin devant lui.
-Je fais chinois 2eme langue pourtant!!!
Kuro leva les yeux de son propre livre.
-Je t'ai déjà dit : Ce n'est pas du chinois.
Fa arriva à ce moment, les bras chargés de livres. Il donna un petit coup à Shiro avec sa canne.
-En fait, c'est une langue très ancienne dont est dérivé le chinois. Et tu n'abîmes pas les livres.
-M. Fa? Vous avez trouvé quelques choses?
Fa secoua la tête.
-Comment allons nous retrouver Karine?
-Je continue de chercher, mais j'ai peur qu'il faille aller demander aux Grands-Prêtres des Dragons.
-Ça c'est une idée!! On y va?
-Pas maintenant...
-Mais, pourquoi? Demanda Shiro.
Fa s'assit sur son fauteuil.
-C'est en Chine...
Pendant ce temps, chez Baï, Karine le regarde dormir.
" Comme c'est étrange... Ce n'est pas Shiro et pourtant, il lui ressemble tellement, physique, attitude... "
A ce moment, Baï se frotta le nez et bailla. Karine sourit.
" Tiens... quand Shiro fait ça, c'est qu'il va se réveiller. "
Baï entrouvrit les yeux et s'étira. Il vit Karine et mit quelques secondes à se souvenir qui elle était.
" Bingo! J'aurais parié mon billet de retour... "
-Bonjour! Dit-elle avec un grand sourire.
-Hein? Ha... Heu... C'est vrai, bonjour...
Une ombre recouvrit les deux jeunes gens à ce moment. Baï leva les yeux.
-Ho... Bonjour ma petite maman chérie... dit-il avec un grand sourire.
Karine se retourna et reconnut la mère de Shiro... Enfin son double. Imaginez une grosse matrone sicilienne...
-FILS INDIGNE!!! Tu déshonores notre famille en débauchant une jeune fille sous notre toit!!!
Baï reçut une gifle retentissante.
-Mais Maman, je te jure, j'ai trouvé ça naturel de dormir avec elle!!! Expliqua Baï en enfilant sa tunique.
Sa mère lui mit une seconde tape sur le haut du crâne.
-Un jour tu devras prendre tes responsabilités, bon à rien!
-Mais M'man! Aïe!
Karine retint le fou rire qui lui venait.
" Pauvre Baï, lui aussi il a une mère autoritaire... "
La mère de Baï le mit dehors.
-Vas faire manger tes frères et sœurs plutôt, lui dit-elle, ça va? Il ne vous a pas touchée?
Karine fit non de la tête en souriant.
-Non, non, répondit-elle.
" Tu parles, Shiro et moi on dort ensemble depuis l'âge de cinq ans... "
La mère de Baï regarda Karine de bas en haut, l'air choqué.
-Vos vêtements sont d'une impudeur!!! Venez avec moi.
-Hein? Mais...
Dans la cuisine, Baï essaye de faire manger son petit frère de cinq ans tandis que sa sœur de trois ans étalait son repas sur la table. Sa sœur de huit ans, le petit dernier sur le dos, attira son attention.
-Hooo! Baï 'gad!!!
Baï tourna la tête et vit Karine arriver, vêtue à la mode chinoise. Elle portait une première robe sur laquelle elle avait mis une longue veste bleu foncé et une pièce d'étoffe blanche nouée à l'aide d'une ceinture.
-Merci pour la robe madame.
-Je t'en prie, répondis la mère de Baï, elle est un peu démodée, c'est une robe que je portais du temps de ma jeunesse...
-Tu m'étonnes qu'elle soit démodée, grommela Baï.
-Qu'as-tu dis fils indigne?!!!
-Heu... Rien Maman chérie!!!
Karine regarda Baï et sa mère se disputer, blasée.
-Ça ne change pas d'une époque à l'autre...
Elle tourna la tête vers les frères et sœurs de Baï et reconnut la famille de Shiro.
-Ça fait peur...
-Comment tu t'appelles madame? Demanda la cadette.
-Je m'appelle Karine.
-Kârin [1]? C'est joli! Moi, c'est Yulenn!
Karine lui tapota la tête.
" Où suis-je? J'ai remonté le temps? Je suis dans un monde parallèle? Ouais, ça doit être ça... Je suis passé à travers le miroir, je suis dans le reflet, dans un autre espace-temps... Il faut que je trouve un autre miroir pour passer dans mon monde et... [2]"
Elle s'interrompit. Toute la famille de Baï la regardait.
-Vous allez bien mademoiselle? Demanda Baï.
-Heu, oui, pourquoi?
-Vous n'arrêtiez pas de faire la grimace...
Karine essaya de sourire de manière détendue.
-Ce n'est rien, dit-elle, je... Je réfléchissais.
-Asseyez-vous, je vais vous servir.
Karine s'assit en bout de table. Baï lui tendit un bol de riz.
-Merci, dit Karine avant de s'interrompre.
Baï piochait son repas avec la main gauche.
-Vous êtes gaucher?
-Oui, pourquoi? Demanda-t’il, tiens, vous êtes droitière?
-Ambidextre en fait mais...
" Shiro est bien droitier je crois, encore qu’il utilise aussi sa main gauche... Et Kuro est gaucher... Bizarre... "
A ce moment, Karine fut éblouie par un rayon de lumière. Elle plissa les yeux et leva la main pour se protéger. La petite sœur de Baï leva la main elle aussi.
-Heï!!!
Coucou Heï!!!
-Bonjour Yufang, dit Heï en remettant son petit miroir dans sa tunique, bonjour madame Yuè.
-Heï, espèce de pique-assiette, tu viens encore manger à l'œil? Répondit la mère de Baï, en faisant mine d'être en colère.
-Et oui madame!
Baï se leva pour servir Heï. Celui ci s'installa en face de Karine et commença à discuter avec Baï.
-Tu as trouvé quelques choses?
-Hé bien, j'ai été rendre une petite visite à Chuan mais il m'a assuré sur les Sept Dieux de la Chance qu'il ne l'a connaissait pas et qu'il ne savait pas d'où elle venait.
-Elle dit s'appeler.
Baï fronça les sourcils.
-Kârin Ouivern...[3]
-Drôle de nom...
Les deux amis regardèrent Karine qui avait prit Yufang sur ses genoux.
-Tu crois que c'est une fille de joie? Demanda Baï.
Heï fit non de la tête.
-Ça m'étonnerait, elle semble pucelle.
-Heï... gémit Baï.
-Bah quoi?
-BAÏ!!! EN COURS BON A RIEN!!! Hurla Mme Yuè.
Baï prit ses livres et ses pinceaux et sortit de la maison.
-A ce soir Heï... Le devoir m'appelle.
-Je vais la ramener chez elle, dit Heï.
-On élimine d'office l'accident de voiture, ils risquent de trop s'inquiéter...
-L'enlèvement aussi...
-La fugue, ils n'y croiront pas...
-Et qu'elle ai trouvé l'homme de sa vie encore moins.
-Ouais, grommela Shiro, encore moins.
Les deux amis revenaient de chez M. Fa. Ils avaient passé la nuit à chercher une solution pour ramener Karine et une excuse pour ses parents.
-Qu'est ce qu'on va leur dire?
-Les extra-terrestres, ça ne marcheras pas non plus...
-Kuro, soit sérieux...
-J'explore toutes les alternatives...
-Et si on leur disait la vérité?
Kuro se frotta la nuque.
-Nos dirigeants ne vont pas apprécier si on fait ça sans leur autorisation...
-Pourquoi nous ne leur demandons pas?
-Ils habitent en Chine, prés du Tibet... On n'aura pas la permission avant au moins trois jours...
Shiro soupira et leva les yeux. Ils étaient en vue de la maison ou habitaient Karine et sa famille. Devant le portail, le père et la mère de Karine chargeaient leur voiture.
-M. Wyverne? Que se passe t'il? Demanda Shiro.
-Le père de ma femme est tombé malade... Nous allons le rejoindre pour le soigner.
La mère de Karine porta une valise jusqu'à la voiture. Kuro l'aida à la mettre dans le coffre.
-Merci Kuro... Karine n'est pas avec vous?
-Heu... Non, en fait, elle... Commença Kuro.
-Elle a dormi chez moi, l'interrompit Shiro, elle s'est tordu la cheville hier soir et maman la ramènera en voiture, on est venu vous prévenir, mais si vous partez...
-C'est vrai, Shiro, tu pourrais demander à ta mère de s'occuper de Karine? Ca ne dureras qu'un mois.
-Mais bien sur, vous permettez que j'aille prendre quelques vêtements pour Karine?
-Bien sur, tu sais ou es la clé... On appellera Karine de temps en temps...
-Ne vous inquiétez pas... Soignez bien votre père madame Wyverne...
Les parents de Karine montèrent dans la voiture et s'éloignèrent. Kuro et Shiro leur firent des signes d'au revoir.
-Bon, on n'est tranquille un mois... Et après?
-Si il arrive quoi que se soit à Karine, ils vont nous tuer, gémit Shiro.
" Bon, Heï est bien gentil de vouloir me raccompagner, mais j'ai pas la moindre idée du chemin à prendre... "
Karine marchait avec Heï dans la grande rue de la ville. Le jeune homme lui avait demandé ou elle habitait et elle avait répondu par son adresse à Paris. Karine regarda autour d'elle et reconnut, bien que transposé dans le monde chinois, un restaurant qu'il y avait pas loin de chez elle dans son monde.
" C'est rigolo... Ca se trouve, je vais me voir moi-m... "
Karine lâcha son sac et ouvrit grand les yeux.
-Maman?
Une femme d'environ quarante ans, en robe chinoise, ses longs cheveux dorés relevés en chignon, balayait devant sa porte. Heï regarda Karine, la femme puis sourit et s'éloigna discrètement. La femme acheva de balayer devant sa porte et leva les yeux sur Karine qui était restée figée sur place.
-Ca va mademoiselle?
-Heu, oui, dit Karine en reprenant ses esprits, c'est juste que vous ressemblez beaucoup à ma mère...
-Votre mère a de la chance d'avoir une aussi belle fille.
-Vous n'avez pas d'enfant? Demanda Karine, étonnée.
La femme s'appuya sur son balai, les yeux dans le vide.
-Les Dieux nous l'ont toujours refusé à mon époux et moi...
" Quoi? "
-...Je suis allé voir plusieurs voyants, et ils m'ont tous dit qu'un jour, j'aurais une fille, mais ça n'as jamais eut lieu...
" Je n'ai pas de double? "
-Mais je ne perds pas espoir! A quarante printemps, je peux encore avoir un enfant!
Karine tourna le dos à la femme en balbutiant un au-revoir et s'éloigna en courant.
-Mademoiselle? J'ai dit quelques choses?
Elle regarda Karine disparaître dans la foule.
-J'ai l'impression de la connaître... Curieux.
Karine s'enfonça dans la foule de la grande rue. Elle s'arrêta prés d'une devanture de magasin et reprit son souffle entre deux sanglots.
-Je
n'ai pas de double... Tous ceux que je connais sont nés ici, mais pas moi... Je
rentrerais jamais chez moi... Maman...
Shiro... Kuro...
A ce moment, le sac de Karine apparut devant ses yeux. Elle le regarda, surprise et tourna la tête. Heï la regardait, inquiet.
-Ca va?
Karine hocha la tête.
-Tu es sure?
Karine hocha derechef la tête.
-Menteuse, vas, dit Heï en sortant un mouchoir de sa poche, tu en pleures encore.
Il lui tendit le mouchoir.
-Ecoute, tu vas te moucher et on va aller prendre une tasse de thé. Tu m'expliqueras tout, d'accord?
-Je ne suis pas sure de tout comprendre moi-même, dit Karine avec un sourire, mais c'est d'accord...
A ce moment, un carrosse stoppa devant les deux amis. Heï poussa un juron et saisit Karine par le bras.
-Les trafiquants de femmes!!! Enfuis-t...
Un homme sauta du carrosse juste derrière Heï et assena un coup de trique sur son crâne. Un autre emmena Karine qui criait le nom du jeune homme.
Au même moment, Kuro s'écroulait dans l'autre monde.
[1] A peu de chose prés, le soleil je crois ( Raaah, je cherche quelqu'un pour la traduction et la prononciation des noms chinois!)
[2] C'est presque ça
[3] Karine Wyverne, Baï prononce différemment certaines syllabes.
Kineko: Oulala, enfin le second chapitre de Tao Tie! Avis aux fans, ( si il en a...) Tao Tie sortiras en update toutes les semaines. J'ai presque fini l'histoire a l'écrit et bientôt, peut être, Tao Tie sortiras en BD (oui, vous avez bien lu) dans un fanzine parisien ( faut déjà que je finisse le premier chapitre en BD, v_v° je suis d'une flemmardise, j'ai honte...)
Karine: Hé, l'auteur, mais qu'est ce que c'est que ca?!
Kineko: t'étais pas dans le monde chinois toi?
Karine: On s'en fiche, tu vas continuer encore longtemps tes conneries?
Kineko: NAAAAAAN! Et puis ne te plains pas! T'as Heï et Baï sous la patte! Gye hé hé, Heeeeeeï.
Karine, une goutte de sueur suspendue a l'arrière du crane: Cette autrice et cette histoire sont lamentable...