-Aïe!
Xie écarta la compresse qu'il utilisait pour nettoyer les plaies de Heï.
-Ne sois pas douillet.
-J'ai mal aux côtes.
-Je m'en occupe.
Xie allongea Heï sur un lit et ouvrit une porte de son cabinet.
-Gyokuran[1], peux-tu venir ici avec ta sœur?
-Oui père.
Un jeune homme d'environ vingt-cinq ans entra dans le cabinet, suivi d'une jeune fille de seize ans. Il avait les mêmes jambes que son père, mais sa sœur était entièrement humaine, si ce n'est ses beaux yeux verts qui semblaient caractériser les Zhiao.
-Voici mon fils aîné Gyokuran et sa sœur Lü Hua[2].
-Enchanté, dit Gyokuran en s'inclinant, suivi par sa sœur.
-Lü Hua, occupe-toi de celui qui est blessé à la joue.
-Oui père.
-Gyokuran, endors ce jeune homme.
-Oui père.
Gyokuran sortit ses mains de ses manches et Karine remarqua que comme son père et Meïshin, il avait des mains couverte de minuscules écailles. Il prit un pot sur une étagère et l'ouvrit pour y prendre une poignée de poussière qu'il répandit au-dessus de Heï.
-Qu'est... Ce que.. c'est?
Xie se pencha au-dessus de lui et lui prit le pouls.
-De la poudre de sommeil. Ca te feras dormir et tu récupéreras plus vite.
Xie fronça les sourcils.
-Gyokuran, tu as mis la dose suffisante? Il est à peine engourdi.
-J'en suis sur père... Mais je perçois une aura d'une vitalité au-dessus de la normale.
-Bon, augmente légèrement la dose. Tout se passe bien Lü Hua?
La jeune fille hocha la tête tout en prenant un pot à onguent sur une étagère.
-Avec l'onguent de mère, il ne devrait plus avoir de trace d'ici demain.
-Très bien. Tu en mettras aussi à ce jeune homme. Vous êtes melle Karine n'est ce pas?
-Heu, oui.
-Vos amis vont se reposer, veuillez me suivre.
Karine se leva et suivit Xie dans les multiples pièces de sa maison souterraine.
-Je n'aurais jamais cru qu'il y avait des maisons troglodytes ici, dit-elle en regardant les murs rocheux.
-Ma nature de dragon préfère l'enfouissement à la hauteur.
-Shun[3]! Reviens ici!
Un bambin de trois ou quatre ans passa devant Karine et Xie. Le médecin le saisit avec un de ses tentacules et le prit dans ses bras. Une jeune femme un peu plus jeune que Gyokuran arriva essoufflée.
-Merci Xie, il court comme un lièvre.
La jeune femme reprit Shun et vit Karine. Elle s'inclina respectueusement.
-Je suis Chiai[4], enchantée.
-Et moi c'est Karine Wyverne, dit Karine en lui rendant son salut. Vous êtes la fille de Xie?
Chiai se mit à rire doucement.
-non, je suis son épouse.
Karine resta bouche bée et regarda Xie qui lui sourit gentiment.
-Chiai est ma seconde épouse, c'est la mère de Shun mais pas de Gyokuran et Lü Hua.
Le couple mena Karine dans une grande salle. Chiai confia Shun à Karine et la jeune fille vit que si il n'avait pas les tentacules de son père en guise de jambes, ses bras et ses jambes étaient couverts d'écailles bleu clair. Chiai servit du thé à son époux et a Karine et repris Shun sur ses genoux. Xie bu une gorgée de son thé.
-Vous avez eut de la chance que nous ayons entendu les bruits de la bagarre.
-Excusez-nous pour le dérangement...
-Je t'en prie, je suis médecin, mon rôle est de venir en aide à ceux qui en ont besoin.
-Sommes-nous loin de Tian Jin? Demanda Karine.
-A environ trois jours de marche, mais dans son état, Heï vous ralentiras, il vaut mieux rester ici jusqu'à ce qu'il soit guéri.
-Je vous remercie de votre hospitalité Xie, mais, c'est déjà la seconde fois que l'on nous agresse et toujours pour la même raison : Pour me capturer... J'ai peur qu'on s'en prenne à vous et à votre famille.
Xie secoua la tête.
-J'ai un statut particulier ma petite, comme je suis le seul à pouvoir soigner les Dragons, les Zhiao et les Hen-Li, personne ne prendrais le risque de perdre mon savoir.
Karine soupira de soulagement.
-Je vous remercie.
-Qui vous as agressé?
-D'abord, c'est Larve, un Hen-Li, ensuite un nommé Zhiao...
-Un Zhiao blond aux yeux bleu-vert? demanda Xie, l'air inquiet.
-Oui, il nous a dit qu'il venait de la part du Seigneur Zhu Long.
-Partez tout de suite, dit Gyokuran en entrant dans la pièce suivie de sa sœur.
-Quoi?
Xie leva la main.
-Ca suffit Gyokuran.
-Ils sont recherchés par Zhu Long! Mère est morte par sa faute, vous voulez risquer la vie du reste de votre famille?
Xie secoua la tête.
-Je n'ai pas l'intention de vous perdre, ni toi, ni ta sœur, et encore moins Chiai et Shun, mais j'ai accordé à Karine l'hospitalité, je ne peux pas la lui refuser maintenant.
Gyokuran fronça les sourcils mais sortit de la pièce sans rien ajouter. Lü Hua le regarda sortir, inquiète puis s'inclina devant Karine.
-Veuillez pardonner mon frère Mademoiselle Karine, mais il a beaucoup souffert après la mort de notre mère.
-Je comprends, nous nous en irons dés que Heï sera en mesure de voyager, je ne veux pas vous mettre davantage en danger. Au fait, qui est Zhu Long?
-C'est un dragon, petit-fils du Tao Tie, il s'est fait chasser du palais des dragons et depuis il vit en marge de notre société.
Dans la salle du trône ou Larve avait été exécuté, la silhouette de celui qui avait sauvé Zhiao s'inclina devant le dais.
-Seigneur Fu Kang, je viens vous faire mon rapport.
-Hen[5], où est mon fils? Tonna Zhu Long.
Le dénommé Hen frissonna et baissa les yeux sur le carrelage.
-Un des deux hommes qui accompagne Karine l'a blessé, il est avec sa mère.
-Comment
est-ce arrivé? Demanda Fu Kang.
-Je l'ignore seigneur, le prince Zhiao m'a dit qu'il avait pourtant suffisamment serré pour briser le cou à un taureau.
-Et pourtant, l'humain l'a blessé...
-Je suis le seul fautif seigneur, dit Hen, si vous devez punir quelqu'un, c'est bien moi.
Il y eut un grand silence puis Zhu-Long repris la parole.
-Je connais ton attachement à mon fils, je sais donc que tes regrets sont sincères... Pour cette fois, tu n'auras pas de châtiment. J'ai une mission a te confier, vas chez Xie l'apothicaire et ramène de quoi soigner mon fils.
-Bien seigneur, dit Hen avant de disparaître.
-Ma première épouse était une Zhiao elle aussi, mais elle exerçait la profession de sage femme. Elle fut appelée au chevet d'une des épouses de Zhu Long mais l'accouchement se passa mal et coûta la vie à l'enfant et à la mère. En conséquence, Zhu Long la fit exécuter. Depuis, mon fils voue une haine farouche à Zhu Long.
-C'est affreux, dit Karine, je comprends mieux pourquoi Gyokuran ne veut pas que nous restions trop longtemps ici.
-Père!!
Gyokuran entra dans la salle en ondulant.
-C'est le précepteur de Zhiao!!! Il est ici, il veut vous parler!
Xie se leva. Il se tourna vers Chiai et ses enfants.
-Surtout, restez à l'intérieur et ne sortez sous aucun prétexte.
Il sortit de la pièce, suivi par son fils. Karine se leva à son tour, mais Lü Hua la saisit par le poignet.
-Où allez-vous?
-Si c'est moi qu'il recherche, vous risquez d'être en danger...
-Vous risquez de mourir!
-Si vous mourez par ma faute, je ne pourrais jamais me le pardonner, dit Karine en se dégageant.
Elle sortit en courant de la pièce et se dirigea vers la porte d'entrée. Elle rencontra Gyokuran sur le chemin.
-Que faites-vous ici?
-Je suis venue me livrer à Zhu Long.
-Quoi?
-Il ne vous fera pas de mal si je pars.
-Mais le précepteur n'est pas la pour vous, il est la pour un remède pour Zhiao.
Karine regarda Gyokuran puis soupira de soulagement.
-Je me sens mieux, dit-elle, qui est ce "précepteur "?
-C'est un Hen-Li, il a enseigné à Zhiao tout son savoir en magie.
-Mais Zhiao n'a pas utilisé de magie...
-Il n'a pas du l'estimer nécessaire face à des humains...
Gyokuran leva le tissu qui fermait la porte de la demeure et jeta un coup d'œil. Karine l'imita. Elle vit la silhouette de Hen.
-C'est lui qui a sauvé Zhiao, souffla t'elle à Gyokuran.
Le jeune homme hocha la tête et écouta la discussion entre son père et Hen-Li.
-Je connais les raisons de ton ressentiment envers le seigneur Zhu Long, mais Zhiao n'y est pour rien... Viens le soigner je te prie Xie.
Xie secoua la tête.
-Je suis désolé Hen, mais j'ai juré sur la tombe de ma femme de ne plus jamais avoir de rapport avec vous.
-Xie, si le prince meurt, Zhu Long fera exécuter toute ta famille...
Xie baissa les yeux. Il réfléchit quelques secondes. Hen reprit la parole.
-J'ai vu naître tes deux fils et ta fille, j'ai été là lors de tes deux mariages et tu es mon ami depuis que je suis devenu un Hen-Li. Je n'aimerais pas que toi ou ta famille soit malmenés. Au nom de notre amitié Xie, je t'en prie, viens soigner Zhiao.
-c'est bon Hen, j'accepte... Laisse moi chercher ma trousse.
Xie fit demi-tour. A ce moment, Hen leva les yeux.
-Xie... Abriterais-tu des fugitifs?
Xie se figea et regarda Hen par-dessus son épaule.
-Je ne vois pas de quoi tu parles Hen.
-Ne te moque pas de moi... La fille que le Seigneur Zhu Long recherche est ici ainsi que ses deux compagnons... Livre-les-moi.
-Ils m'ont demandé l'hospitalité Hen...
A l'intérieur, Karine poussa Gyokuran sur le côté.
-Où vas-tu?
-J'ignore comment, mais il a deviné que j'étais la... Il vaut mieux que je m'en aille... occupe-toi bien de Heï et Baï.
Karine ouvrit la porte et grimpa les quelques marches qui menaient à la surface. Elle avança vers les deux hommes, passa à côté de Xie et s'immobilisa à quelques mètres de Hen.
-Je suis celle que Zhu Long cherche. Ne fait pas de mal à Xie et sa famille.
-Loin de moi cette idée, dit Hen. Alors tu es la Fille... Donne moi la main.
Karine leva la main pour prendre celle, griffue et écailleuse de Hen quand soudain, la voix de Baï se fit entendre.
-Karine, écarte-toi de lui.
Baï sortit de la maison troglodyte. Il avait un pansement sur la joue et fronçait les sourcils. Il s'immobilisa devant Hen.
-Karine, Xie, allez à l'intérieur.
-Baï, qu'est ce que tu comptes faire? demanda Karine.
-Retourne à l'intérieur, dit Baï en regardant fixement Hen.
Karine fut surprise par le ton anormalement grave de Baï et battit en retraite.
-Que veux-t'il faire? Demanda Xie. Hen est un maître en magie, de plus il a une grande force grâce au sang de dragon qu'il a reçu.
Restés seuls, Baï et Hen se fixèrent pendant une bonne minute. Puis Baï se présenta.
-je suis Baï Yué, fils de Chi Faï[6] Yué, magicien impérial. Qui es-tu?
-On me prénomme Hen, mais j'ai eut un autre nom dans le passé, je suis le précepteur du Prince Zhiao et conseiller du Seigneur Zhu Long. Ainsi, il y a aussi un magicien parmi les amis de la Fille... Montre moi tes tours de passe-passe.
-Mais... Avec plaisir... Dit Baï en sortant ses mains de ses manches.
Une lueur apparut sur les doigts de sa main gauche. Il traça rapidement un calligramme dans l'air devant lui.
-Déchirure!
Sous les pieds de Hen, le sol s'ouvrit. Surpris, il eut juste le temps de bondir en arrière. Baï lança alors un deuxième sort.
-Bourrasque!
Un vent fort se leva. Hen planta son bâton devant lui et traça un signe.
-Opposition!
Une barrière se dressa devant Hen, mais sa cape s'envola quand même, dévoilant le visage de Hen.
-Qu'elle horreur, dit Karine, cachée derrière le rideau.
-Tu as emporté ma cape... Bien joué petit mage...
Hen sourit, son visage avait été déformé par le sang du dragon. Il n'avait pas de nez, son menton était un peu fuyant et deux cornes pointaient sur le haut de son crâne. Ses oreilles pointues s'orientèrent vers Baï, faisant briller l'anneau qu'il portait dans l'oreille gauche. Pour ne rien arranger, tout son corps était recouvert par des écailles rouges.
-Cela fait longtemps qu'un humain n'a pas contemplé mon visage...
Il leva la main gauche et traça un signe devant lui. Baï leva les deux mains.
-Ho non pas ça.
-J'apelle les dragons de la foudre! s'exclama t'il.
Un dragon bleu pâle jaillit de sa paume et se précipita vers Baï. Celui ci mit ses mains en coupe.
-Intercepti...
Il reçu la foudre de plein fouet. Il mit un genou à terre. Hen garda la main levée tout en s'approchant de Bai.
-Une interception ne peut contenir un dragon de la foudre petit... Tu as l'air puissant, mais tes sorts sont d'un niveau trop bas pour rivaliser avec les miens.
-Tu crois ça face de crapaud?
Baï leva les mains et Hen vit le sort préparé. Il essaya de dissiper celui qu'il avait en main pour en changer mais Baï fut plus rapide.
-Que le Souffle de Feng t'emportes au loin!
Un coup de vent jaillit sur Hen a bout portant. Le souffle coupé, celui ci recula de plusieurs mètres. Baï en profita pour lancer un autre sort.
-J'appelle le Fauve de flammes
Hen tomba à genoux.
-Ce gosse est ambidextre... Il peut lancer deux sorts à la fois... Amusant.
Les flammes de Baï tombèrent sur Hen sans que celui ci n'esquive. Baï resta haletant sur le champ de bataille. Le vent commença à dissiper la fumée et Hen apparut. Karine laissa échapper un cri de déception. Seuls les vétements de Hen avaient souffert. Le Hen-Li n'avait même pas été blessé.
-La peau d'un dragon peut résister à des températures extrêmes...
Xie sortit de sa cachette, un pot à la main.
-Arrétez le combat!
Les deux antagonistes se tournèrent vers lui. Il alla vers Hen et lui tendit le pot.
-C'est l'onguent que fabriquait ma première femme, il refermera la plaie du Prince Zhiao en deux jours. Je t'en supplie Hen, laisse Karine et ses amis partir... Ne met pas ma famille en danger.
Hen regarda Xie prosterné devant lui puis Baï qui lui lançait un regard furieux. Il sourit et prit le pot à Hen.
-C'est bon, je les laisse partir pour cette fois, au nom de notre amitié... Mais nous reprendrons les poursuites quand le Prince sera guéri.
Il disparut dans un grand éclair. Karine se précipita vers Baï qui était tombé à terre.
-Bravo Baï, tu l'as fait fuir.
Baï fit non de la tête et serra les dents.
-Ce salaud a eut pitié de moi.
-Quoi?
-Si on avait continué le combat, il aurait gagné.
Baï leva ses mains. Karine porta la main a sa bouche pour étouffer le cri d'horreur qui lui venait. La peau
des mains de Baï avait été brûlée par la puissance des sorts qu'il avait utilisés.
-Je lui ferais avaler sa queue et ses cornes à celui la un jour.
Xie regarda les amis.
-Excusez-moi... Mais je dois vous prier de partir le plus vite possible... Je dois avant tout penser à ma famille.
-Je comprends Xie, dit Karine, mais il faudrait d'abord soigner les mains de Baï.
-Bien sur, Lü Hua, occupe-t'en s'il te plaît.
-Oui père.
Dans notre monde, Kuro est penché sur Shiro.
-Shiro? Tu vas bien? Shiro?
[1] Giyokouran
[2] Lu Roi
[3] Choun
[4] Tchi-aïe
[5] Renne, ça veut Homme en chinois
[6] Tchi Faille : Sept feux.
Neko est arrivééééé, sans se presséééééé.
Kineko: Un de mes persos chouchous vient d'arriver...
Karine: J'espère que tu parles de Gyokuran...
Kineko: Mah non! De Hen!
Heï: Une sale gueule pareille? Ha non, pas la massuuuuuue!!!
BONK
Kineko: Rangeant sa massue "Only for bad boy" dans sa poche: Si Hen. Bon, j'admet qu'il n'est pas un modèle de sensualité. Mais c'est sa mentalité qui me plait.
Baï: Mes maiiiiiiiins!
Kineko: Il a finit de chouiner Blondie?
Karine: Et toi t'as fini de bousiller mes gardes du corps?
Kineko: Attend un peu les prochains chapitres toi...
Lu Hua, s'inclinant devant les lecteurs: Bonjour très honorés lecteurs, je vous remercie de suivre les aventures de Demoiselle Y...
Kineko: HA NOOON!! LU HUA!!! ARRÊTE!!! T'allais révéler quelques choses!!!
Lu Hua: Ho, mille excuses je vous prie, Heu... Les aventures de Demoiselle Karine. Dans le prochain épisode, Demoiselle Karine devra combattre pour sauver sa vie et celle de ses amis, mais un imprévu s'en mêleras...
Kineko: Mouais, c'est pas mal Lu Hua, mais arrête de t'incliner toutes les cinq secondes...
Heï, lorgnant sur les fesses de Lu Hua: Bah pourquoi, ca me plait moi...
Massue Perverscide.
BONK
Heï: Mais aïeuh!