Tao Tie

Chapitre 10 : L'étang de l'oubli.

 

-Si vous n'ouvrez pas cette porte...

Karine hésita quelques secondes.

-Je l'enfonce!

Derrière la porte, deux gardes Hen-Li complètements déformés se mirent à rire.

-Elle en a de bonnes la Sœur du Seigneur Zhu Long.

-alors vous l'ouvrez? Fit la voix de Karine à travers la porte.

Les gardes sourirent.

-On lui a retiré ses armes et elle ne maîtrise pas ses pouvoirs, comment veux-t'elle sortir?

-Je compte jusqu'à trois! Un, deux, trois.

Il y eut un silence.

-Bon, fit Karine en s'éloignant de la porte.

 

-On dirait qu'elle s'est calmée, dit un des gardes en collant son oreille à la porte.

La porte lui tomba dessus dans un grand fracas. Karine sortit passablement énervée. Elle fit face à l'autre garde.

-Si tu fais un seul mouvement pour m'empêcher de sortir, me serais que du bout du tentacule, je te colle au plafond, compris?

Le garde hocha lentement de la tête. Karine regarda autour d'elle.

-Bon, ou il est ce foutu Zhu Long?

-dans la salle du trône, dit le garde.

-Tu sais ou c'est? Demanda Karine.

-Oui, gémit le garde, mais si jamais le seigneur Zhu Long apprend que vous êtes sortie, il me fera mettre à mort...

Karine alla ouvrir la bouche pour lui annoncer qu'elle allait le transformer en beignet de calamar si il ne l'y menait pas mais elle s'arrêta en voyant quelqu'un approcher par derrière l'épaule du garde. Elle se jeta dans les bras de la personne.

-Meïshiiiiin!!! Piailla t'elle.

La Zhiao sursauta et regarda Karine.

-Demoiselle Yu Long, vous faites erreur, je ne suis pas Meïshin.

Karine s'écarta et vit qu'elle se serrait contre un énorme ventre. Elle leva les yeux sur la femme, elle ressemblait pourtant à Meïshin comme deux gouttes d'eau.

-Je suis Meïrin[1], la sœur jumelle de Meïshin.

Karine ouvrit la bouche, la referma et baissa les yeux sur le ventre distendu de la Zhiao.

-Tu es enceinte?

-Oui, je vais pondre d'ici peu de temps.

Karine regarda Meïrin.

-Je... Je voudrais savoir... Ou sont Heï et Baï?

-Vos amis?

Meïrin réfléchit.

-Si je ne m'abuse, je crois que Lan Shui[2] les as emmenés à l'Etang de l'oubli.

-Avec un nom pareil, ça ne doit pas être cool, emmène-moi-y s'il te plaît.

-Bien sur demoiselle Yu Long.

-Appelle-moi Karine.

-Bien demoiselle Karine.

Meïrin précéda Karine dans les couloirs. En chemin, Karine remarqua que contrairement à sa sœur, Meïrin avait des écailles rouges. Elles arrivèrent dans un des sous-sols du palais, rempli d'une sorte d'eau légèrement opaque et d'aspect gélatineux. Meïrin regarda autour d'elle.

-On dirait qu'ils sont en train d'immerger vos amis.

Karine leva les yeux juste à temps pour voir deux personnes sur une barque qui faisaient basculer Baï dans l'étang. Elle se précipita mais une poigne de fer la retint.

-Ne touche pas l'eau, fit une voix féminine.

Karine se retourna et vit la femme qui avait assommé Heï lors de son arrivé.

-Lâche-moi grande asperge!

-Demoiselle Karine, commença Meïrin, voici Lan Shui...

Karine saisit Lan Shui par le col et la tira vers le bas.

-Ecoute-moi espèce de Je-ne-sais-pas-quoi, si tu ne sors pas mes amis de l'eau immédiatement, je te jure que je te tiens la tête sous l'eau jusqu'à ce que tu te noies!

-Je suis amphibie, répliqua la jeune femme d'un ton froid.

-merde, commenta Karine.

Lan Shui se dégagea et réajusta son col. Karine remarqua qu'elle gardait les mains dans ses manches.

-Je ne prends mes ordres que du Seigneur Zhu Long, si vous voulez ces hommes, il faudra les lui réclamer.

-Ils vont se noyer si tu ne les sorts pas.

-Ce n'est pas de l'eau. C'est un liquide qui, utilisé d'une certaine manière peut effacer des souvenirs.

Karine blêmit.

-Sors-les de la,  articula-t-elle distinctement.

-Demande le à notre seigneur.

Karine se tourna vers Meïrin.

-Emmène-moi vite voir ce salopard, dit-elle.

Meïrin eut un sourire gêné.

-Bien demoiselle Karine.

Meïrin guida la jeune fille dans les couloirs. Elles arrivèrent devant ne grande porte. Les gardes saluèrent Meïrin.

-Votre majesté, le Seigneur Zhu Long est en pleine discussion avec Sire Hen..

-ha bah ça tombe bien, j'ai deux mots à lui dire à lui aussi, dit Karine en posant la main sur la poignée.

Le garde la saisit par le bras.

L'instant d'après, il était incrusté dans le mur d'en face. L'autre garde n'avait pas osé réagir pendant le passage à tabac de son camarade. Meïrin lui sourit.

-Elle est très énergique non?

-Si, murmura t'il d'une voix éteinte.

-Elle apporte un peu de fraîcheur ici, ça nous feras du bien, continua Meïrin avec le sourire.

Karine ouvrit la porte et avança vers le fond de la salle, elle vit Hen qui se releva pour aller a sa rencontre.

-Demoiselle Yu Lo...

Il eut à peine le temps de parer le coup avec son sceptre.

-Heu... Vous... Voulez voir le Seigneur Zhu Long?

-Ça, c'est pour les brûlures de Baï, dit Karine en assenant un coup de pied dans le genou de Hen.

Celui ci s'écroula en gémissant et Karine en profita pour enchaîner avec un coup de coude sur la nuque.

-Et ça c'est pour avoir menacé Xie et sa famille!

Hen s'écroula à terre. Un homme sortit de derrière la tenture à ce moment.

-Elle a étalé Hen en deux coups! S'exclama t'il.

Karine se retourna, prête à lui faire subir le même sort quand elle vit le visage de l'homme.

Apparemment, ce devait être un Hen-Li. Mais contrairement à la plupart de ses pairs, son corps était resté à peu prés le même.

En fait, c'est la tête qui avait tout pris.

Une tête de dragon sur un corps humain.

-Erk! S'exclama Karine, t'as encore une plus sale gueule que Larve.

Le Hen-Li tiqua. Un rire puissant vint de derrière la tenture. Karine frissonna. Le rire cessa puis une voix chaude et profonde se fit entendre.

-Fu Kang, vas soigner Hen je te prie, j'aimerais parler à ma petite sœur.

Karine remonta ses manches et montra son poing.

-Hé! Tu sais ce qu'elle te dit ta " petite sœur " espèce de mégalomane?

-Il semblerait que tu tiennes beaucoup de notre père, tu as l'air aussi soupe-au-lait que lui.

Karine avança vers le rideau et se campa devant, les poings sur les hanches.

-Zhu Long, je te sommes de te montrer et de m'expliquer dans tous les détails, ce qui te prends d'agresser les gens de mon monde!

Elle s'assit en tailleur et croisa les bras.

-Et si tu ne m'as pas donné une réponse satisfaisante dans la minute, je te fous une telle tannée que tu seras prêt à t'amender de tout ce qui a put arriver de mal depuis le début des temps!

Un silence régna dans la salle. Karine regarda sa montre.

-Il te reste trente secondes.

Les rideaux s'écartèrent lentement, dévoilant Zhu Long dans son entier. Il déroula les anneaux de son corps et s'inclina vers Karine.

-L'état de mes yeux me semble être une excellente raison.

Karine décroisa les bras. Zhu Long était très grand, presqu'autant que le Tao Tie. Il avait des écailles vertes sombres et une très longue chevelure noire. Il avait plusieurs paires de cornes effilées qui lui faisaient comme une couronne sur le crâne. Mais ses paupières étaient cousues par un fil épais comme un câble téléphonique. Sur son front brillait un œil rond et vert clair. Karine le regarda puis reprit contenance.

-Je sais pas comment tu as été élevé, mais moi, on m'a appris qu'on recevait toujours une punition en rapport avec la bêtise qu'on avait fait.

-Tu appelles le fait de coudre les yeux de son propre fils... Une punition?!! tonna Zhu Long.

-Si tu as provoqué la mort des milliers de personnes, c'est mérité. Perso, c'est le trou du cul que je t'aurais cousu, répliqua Karine.

Zhu Long resta un instant interloqué devant le petit bout de femme qui le défiait ainsi.

Puis il éclata de rire. Karine le regarda, l'air dubitatif.

-C'est une impression ou tu ne me prends pas au sérieux?

-Tu es adorable, Yu Long, dit Zhu Long en hoquetant de rire, et tu as tellement de répartie, mais sans le caducée, tu n'as aucun pouvoir, tu es bloquée sous ta forme humaine.

-Alors pourquoi voulais-tu que je vienne?

-Je voudrais avoir un enfant avec toi.

Karine fut interloquée par la demande.

-Q... Quoi? Balbutia t'elle.

-Je pense que notre mère t'a expliqué qu'elle peut difficilement avoir un enfant vivant à la naissance, et vois-tu, nous-mêmes avons rarement d'enfants entre dragons... Ma sœur Kaenn est trop âgée pour mettre au monde un enfant, et il n'y a actuellement aucune dragonne capable d'enfanter dans ce monde. Tu es la seule femelle fertile avec qui je peux avoir un enfant.

-Zhu Long, stop, lis sur mes lèvres d'accord ? Moi, être, sœur, à, toi. Compris?

Zhu Long agita la patte.

-Nous n'en sommes plus à un inceste prés... De plus, si nous avons un enfant ensemble, il serait plus puissant que le Tao Tie lui-même.

Karine regarda son frère puis secoua la tête.

-Tu ne veux un enfant... Que pour la puissance qu'il t'apporterait? Tu es ignoble Zhu Long...

-Yu Long... Commença Zhu Long.

-Rends-moi mes amis Zhu Long, et rend-moi mon monde!!! Si jamais il arrive malheur à ceux que j'aime... Tu le regretteras!

-Sur un ordre de ma part, tes deux amis, Heï et Baï finiront à l'état de légumes. Lan Shui a tous les pouvoirs sur eux.

Karine regarda Zhu Long, les larmes aux yeux.

-Soit la mère de mon enfant Karine, et je te rendrais tes amis, ta liberté et ton monde.

Karine se laissa tomber au sol. Meïrin entra à ce moment.

-Seigneur Zhu Long, commença t'elle.

-Meïrin, comment te portes-tu?

-Je vais bien seigneur, je vous remercie.

-Et notre enfant?

-La naissance est imminente, dit Meïrin, les yeux baissés sur son ventre.

-J'espère que cette fois, tout se passeras bien, Zhiao serait tellement heureux d'avoir un petit frère.

-Il n'arrête pas d'en parler, dit Meïrin, seigneur, permettez que je raccompagne Demoiselle Yu Long dans sa chambre.

-Fais donc.

Meïrin aida Karine à se relever et la traîna jusque dans sa chambre. Là-bas, elle la fit asseoir sur son lit.

-Est-ce que ça va demoiselle Karine?

Karine leva des yeux pleins de larmes sur Meïrin.

-Zhu Long est mon frère et il veut... il veut que je...

Meïrin la prit dans ses bras.

-allons... Ca va... Ca va... Je vais rester prés de vous un moment d'accord?

Karine hocha la tête en pleurant. Soudain, elles bondirent toutes les deux.

-HIII! J'ai senti quelques choses! Piailla Meïrin en relevant le bas de sa jupe.

-Moi aussi, comme un serpent qui se frottait contre moi!

Tikou sortit de sous le lit et piailla de colère.

-PIPIPI!

Karine sourit.

-Tikou! Il m'a suivi jusqu'ici!

Elle le prit dans ses bras et le serra contre elle. Meïrin se rassit, rassurée.

-Tu as un petit Li en animal de compagnie?

-un petit Li?

-Oui, c'est le nom que l'on donne aux dragons dorés. Ils sont nés directement du sang du Tao Tie et sont la pour le servir.

Karine gratta Tikou derrière les oreilles et il se mit à ronronner. Elle regarda Meïrin.

-Meïrin... Tu es la femme de Zhu Long?

Meïrin secoua la tête.

-Non, je suis sa troisième épouse.

-Ce qu'il a dit au sujet de Zhiao... C'est vrai? Tu es la mère de Zhiao?

-C'est vrai... Je l'ai mit au monde il y a seize ans, mais son corps à grandi plus vite que son esprit...

-Ha. Et ça ne te fais rien que Zhu Long veuille... Enfin, que lui et moi...

-Demoiselle Karine, j'ai quitté ma sœur et mes parents il y a trente ans de cela pour vivre avec Zhu Long dont j'étais amoureuse. Mais... Après la naissance de Zhiao, j'ai compris qu'il ne m'aimait pas... Que tout ce qu'il voulait, c'était un fils pour lui succéder.

-Pourquoi tu ne pars pas?

-Pour Zhiao! Il idolâtre son père. J'aimerais l'amener chez Meïshin, mais... J'ai peur...

-Peur de Zhu Long... Ou de Meïshin?

-Des deux. Zhu Long ne permettras pas que j'emmène son fils et je n'ose penser à la réaction de Meïshin en voyant Zhiao.

Karine tapota la main de Meïrin.

-Je ne pense pas que tu doives craindre la réaction de ta sœur. Je suis sure qu'elle serait heureuse de revoir sa sœur après trente ans de séparation.

-Merci demoiselle Karine, dit Meïrin en s'essuyant les yeux. Que comptez-vous faire pour la proposition de Zhu Long?

-Karine s'allongea sur le lit.

-Je peux toujours lui dire que j'ai mes ragnagnas. J'aurais une semaine de tranquillité...

Elle regarda le plafond peint de sa chambre.

-Mais après...

A suivre: Chapitre 11: La peau rouge sang

 

[1] Meillejin Bel Enthousiasme, ouais, je sais, ça sonne mieux en chinois.

[2] Laine Choué : Eau Bleue en chinois

 

Elle est la... Elle revient... Et elle est... Pas contente... (enfin si mais bon)

Kineko: Holala... On est déjà au chapitre 10! C'est pas possible! Nous sommes perdus!!!

Kuro: Qu'est ce qu'elle a?

Heï: Depuis qu'elle a commencé à mettre Tao Tie sur le net, elle a rien écrit de neuf... Elle est toujours coincée au chapitre 16...

Kineko: Je suis foutuuuuuuuuue!!!

Shiro arrivant en courant: Tous aux abris! Y'a une alarme!

Heï: Mah non! C'est juste l'auteur qui est en panne d'inspiration...

Shiro: Ha bon? Chic alors!

Kineko: Personne ne m'aiiiiiiiimeuuuuuh!!!

Shiro en lui tapotant le crane: Mais si, mais si, allez, dit nous ce qui va se passer dans le prochain épisode.

Kineko en reniflant: Vi... Bah, Cette fois, c'est Heï qui va vous sauver la mise et on découvrira ce qu'il a sur le front. Et pis on apprendra le passé de Hen...

Heï, méprisant: Je m'en passerais bien de cette face de poisson séché.

Kineko lui tend un futur dessin: Parles pour toi...

Heï: AAAAARGH?!! Mais je croyais que j'étais ton chouchou!

Kineko: Ha je t'ai pas dit? J'adore faire des saloperies a mes chouchous...

Chapitre 9 Chapitre 11