Tao Tie

Chapitre 13 : La renaissance de Yu Long.

 

-Non, moi je dis que c'est pas une bonne idée, s'exclama Heï en faisant les cent pas.

Il s’accroupit sur le carrelage de la pièce. Depuis qu'il avait pelé, ses attitudes ressemblaient beaucoup a celle d'un dragon, même après la repousse de sa peau. Il se déplaçait le plus souvent à quatre pattes, adhérant aux murs et plafond. De temps en temps, une langue bifide passait entre ses lèvres, inquiétant Baï.

-Arrête de faire cela!

-Lâche-moi...

-Pour en revenir à nos moutons, dit Karine...

-Qu'est ce que ces bestioles ont à faire dans cette affaire? Demanda Heï.

-C'est une expression! Ecoutez, je vous remercie de vous inquiéter pour moi, mais c'est la seule solution.

-Karine, interrompit Baï, si nous nous inquiétons autant, c'est à raison. Nous n'avons aucune idée de la manière dont tu pourrais évoluer.

-Mais vous avez peur de quoi? Je suis Karine, et je resterais Karine! Point final.

-Dans notre philosophie, le corps influe l'âme. Karine, j'ai peur que tu... Ne sois plus " Karine " mais que tu deviennes " Yu Long ".

Karine posa ses mains sur les épaules de Baï.

-Baï. N'ai pas peur. Quoi qu'il arrive, je resterais Karine et vous serez toujours mes amis.

Elle embrassa le jeune homme sur la joue et lui caressa tendrement les cheveux.

-Crois-moi, rien ne changera.

Feng entra à ce moment la, sous sa forme humaine.

-Karine, la cérémonie est prête.

-J'arrive papa, s'exclama la jeune fille en s'écartant de Baï, a demain.

Elle sortit de la pièce et suivit son père jusqu'à une salle au sous-sol. Feng s'arrêta devant la porte.

-Ta mère t'attend à l'intérieur.

Karine se hissa sur la pointe des pieds pour embrasser son père, mais n’y parvenant pas, lui tendit les bras pour le faire se baisser. Feng se laissa faire puis lui tapota la tête.

-Courage ma petite.

Karine entra dans la pièce. Il s’agissait d’une salle d’eau. Sa mère et Kaenn l’y attendaient déjà. Yu lui sourit.

-Viens Karine, il faut te purifier avant la cérémonie de la mémoire.

Karine se déshabilla et entra dans l’eau. Yu et Kaenn l’aidèrent à se laver. Kaenn marmonnait des paroles en un ancien dialecte. Après le bain, Yu aida Karine a enfiler une tunique longue.

-Tu dois faire le vide en toi. Ne penses à rien.

Elles emmenèrent Karine dans une autre salle. Il y avait une couche au centre, entourée par quatre brûleurs d’encens. Le sol était carrelé de faïence bleue et blanche. Une épaisse fumée bleutée remplissait déjà la pièce. Karine porta la main a son nez, écœurée, mais Yu l’en empêcha.

-Je sais que l’odeur est désagréable, mais tu dois l’inspirer. Vas t’allonger sur le lit.

Karine obtempéra et s’allongea sur le matelas. Il n’était pas très confortable. Kaenn s’approcha de sa mère, un brûle parfum dans la gueule. Yu le prit et s’approcha de Karine.

-Cette technique est une espèce d’hypnose. Les encens utilisés vont te mettre dans un état second. La douleur mentale qui va être provoquée par le retour de tes souvenirs risque d’être intense… Tu es prête ?

Karine hocha la tête. Elle commençait à se sentir faible. Yu approcha le brûle parfum de son visage, et, à l’aide d’un système de piston, lui insuffla un jet de parfum dans les narines. Karine se sentit sombrer dans l’inconscience.

 

Baï faisait les cent pas devant la salle. Assis non loin, Chi Faï et Heï jouaient au mah-jong. Baï s’arrêta pour les regarder quelques secondes puis alla vers la porte. Son père l’interpella sans lever les yeux de son jeu.

-Baï…

-Mais père, je suis inquiet ! ! !

-Heï aussi, assied toi et occupe-toi, tu verras, ça passeras.

Baï se laissa glisser au sol. Le Tao Tie arriva à ce moment la.

-Comment ça se passe ?

-Dame Yu est toujours avec elle.

Le Tao Tie tritura nerveusement sa ceinture. Il fit les cent pas devant Baï. Chi Faï soupira.

-Seigneur, voyons…

-Je suis très inquiet ! Personnellement, j’aurais attendu un peu avant de…

Chi Faï se leva et alla vers le Tao Tie.

-Le seul moyen sire, est de vous occuper… Venez, nous allons vérifier la force d’imposition.

-Bonne idée ! Baï, Heï, je vous confie ma petite fille.

-Bien sire…

Chi Faï suivit le Tao Tie dans les immenses couloirs du palais. A peine son père partit, Baï s’approcha de la porte avec l’intention évidente d’entrer. Heï se leva et vint l’arrêter en nouant ses bras autour de sa taille.

-hé, reste la…

-Il faut que je jette au moins un coup d’œil, que je vérifie si elle va bien…

-Et dans le cas contraire, que feras-tu ?

Baï s’apprêta à répondre mais choisit de se taire, ne trouvait aucune réplique intelligente. Il baissa les yeux.

-Je t’envie Heï… tu ne t’inquiètes de rien… tu es toujours imperturbable…

Heï sourit et posa son menton sur le haut du crâne de son ami.

-Ho non… Ce ne sont que des apparences… Tu sais Baï, il y a deux choses dans ma vie que je considère comme importantes. Quand tout s’écroule autour de moi, que rien ne semble avoir de sens, il me suffit de m’assurer de leur présence pour me sentir mieux.

-Les filles et la bière ? Proposa Baï en se forçant à faire de l’humour.

-Non… mon premier repère, c’est toi. Depuis l’âge de cinq ans.

Baï se tourna à demi vers son ami, surpris.

-Moi ?

Heï repris en souriant.

-Depuis que je suis arrivé chez tes parents… Tu te souviens ? J’étais effrayé par tout… Je m’étais caché dans le cellier et je refusais d’en sortir[1]. Au bout de deux jours, un petit garçon est venu me voir… Avec une couverture, des gâteaux et un livre.

-Tu te rappelles de ça ?

-Tu m’avais dit que tu voulais pas que je reste seul… Tu as dormi avec moi dans le cellier jusqu'à ce que j’accepte de venir dans ta chambre… Sans toi, je serais encore un enfant à demi-sauvage, qui se nourrit de rat et boit dans les flaques…

Baï sourit. Rares étaient les moments ou Heï se confiaient à lui du fond du cœur… En général, c’était quand il était soûl et ses propos étaient alors plutôt incohérents. Malgré son image de gros dur, Heï avait un énorme besoin d’affection. Affection qu’il comblait en squattant souvent chez Baï ou chez les dames des affections négociables.

-Et ton deuxième repère ? Demanda Baï.

-Il est beaucoup plus récent… C’est Karine.

Baï sentit son sang se retirer de ses joues. Heï ne s’en aperçut pas et se rassit à sa place pour ranger les pièces du jeu de mah-jong.

-Tu vas trouver ça bête, mais Karine, je crois que je l’attends depuis toujours… J’y ai réfléchi, (tu sais que ça m’arrives rarement), et je me suis aperçu que j’ai toujours eut l’impression qu’il me manquait quelques choses. J’en ai déduis que c’était parce que… Kuro avait grandi avec Karine et pas moi… Inconsciemment, je sentais que ma vie n’était pas complète. Chaque fois que je me sens abattu, ou que j’ai l’impression que rien ne va… Je la regarde. Si son attitude envers moi avait changé, je n’aurais pas supporté la mue…

-ha, oui.. c’est un soutien moral…

Heï eut un petit rire et redisposa les pièces devant lui.

-Pas seulement moral… Elle est superbe… Si ce n’étais pas une fille des dragons, j’aurais… Enfin, tu fais une partie ?

Baï hocha la tête et s’installa en face de Heï. Le jeune homme regardait ses pièces avec attention, tachant de mettre au point une stratégie. Baï modifia l’ordre de ses pièces puis lança, l’air de rien.

-Tu crois que Karine leur manque à nos doubles ?

-Ho, je le sais… Ils sont terriblement inquiets à l’idée qu’il lui arrive malheur…

 

-Et donc, l’étude de la fonction f(x) nous montre qu’il s’agit d’une courbe asymétrique dont les résultats sont : x<0 : {2 ;5} et x>0…

-Shiro, Shiro, calme-toi…

-Mais je suis très calme et…

Shiro referma son livre de math d’un coup sec et le jeta sur le lit prés de Kuro qui jouait avec sa game boy.

-Yo, j’ai eut un nouveau pokemon ! Je vais battre ta sœur !

Shiro lui jeta un regard étonné puis se pencha vers lui.

-qu’est ce que j’ai ? Tout va bien, Fa nous a assuré que Karine était à l’abri, les tempêtes ont cessées, pourquoi est ce que je suis sur les nerfs ? ! !

-Ne crie pas, j’suis pas sourd. On n’a qu’a lui demander.

-A qui ?

-A Heï.

Kuro éteignit son jeu et s’assit sur le lit. Il tira sur le col de son pull noir et en tira un collier auquel était suspendue une plaquette enveloppée dans un sachet de tissu. Shiro l’avait souvent vu autour du cou de son ami, mais n’avait jamais su son utilité. Kuro retira le tissu et dévoila un petit miroir d’une quinzaine de centimètres sur cinq. Shiro en reconnut la matière.

-Mais.. On dirait le Miroir du passage…

-C’en est un.. Tout petit, bien sur, mais il n’est pas conçu pour faire passer des objets. Heï, répond moi.

 

Dans le monde des dragons, Heï interrompit sa partie pour porter la main à son torse.

-Ha, on m’appelle.

Il déboutonna son col et sortit un petit miroir identique.

-Qu’y a t’il Kuro ?

-C’est Shiro, il s’inquiète tout seul et aimerait savoir pourquoi ?

-Ho, ce doit être le mien qui lui file ses inquiétudes…

-a qui parles-tu ? Demanda Baï.

-a mon double, tu ne peux pas l’entendre. Non, non , c’est Baï qui me parlait… Pourquoi il s’inquiète ? Votre Fa ne vous en a pas parlé ? Aujourd’hui, les dragons rendent sa mémoire à Karine

 

-Pourquoi tu ne m’en as rien dit ? ! ! S’exclama Kuro.

Shiro sursauta. Heï lançait des regards assassins tout en secouant le miroir dans tous les sens.

-Kuro ? Je suis inquiet pour ta santé mentale, risqua Shiro d’une petite voix.

-Je t’explique après. Ca peut être dangereux ?

 

-Douloureux seulement, essaye de rester zen, je commence à paniquer moi aussi et il faut que quelqu’un reste objectif en ce moment…

 

-Douloureux ? Comment ça douloureux ?

-Hé, mais je ne veux pas qu’elle souffre moi ! File-moi ce miroir !

Shiro essaya de prendre le miroir des mains de son ami et parla à Heï.

-Fais la arrêter tout de suite !

-Il ne t’entend pas, rend moi ça… Heï ? Non, c’est juste Shiro qui pète une durite… Oui, préviens-moi quand Karine aura finie… Mais lâche moi je te dis !

-Demande-lui si ça va durer longtemps !

-Shiro, calme-toi ! Ses jours ne sont pas en danger, ça va juste être douloureux ! ! !

Shiro baissa les bras puis explosa en sanglots sur l’épaule de Kuro.

-Mais je veux pas qu’elle souffre ! ! !

Kuro se laissa faire, d’un air désabusé.

-Manquait plus que tu nous fasses une crise de larmes… bon, un pokemon m’attend… ajouta-t’il en rallumant le jeu.

 

La porte s’ouvrit doucement, laissant passer une Kaenn exténuée. Heï se leva précipitamment.

-Grande Sœur ! Comment ça s’est passé ?

-Et bien, nous ne saurons pas si sa mémoire est revenue avant son réveil… Mais, revenez ! ! !

Les deux jeunes garçons se précipitèrent dans la pièce, bousculant Kaenn par la même occasion. Heï trébucha contre le bord de la baignoire et se retrouva dans l’eau jusqu’aux genoux. Il pataugea jusqu'à l’autre porte, Baï le suivant au sec et ils entrèrent dans la pièce aux encens. L’odeur les frappa de plein fouet et Heï, avec ses sens hyperdévellopés, manqua de se sentir mal. Il plaqua sa manche sur son visage et regarda autour de lui. Yu était en train de rhabiller Karine. Elle reposa sa fille le plus doucement et rapidement qu’elle put et fit signe aux deux amis de sortir.

-Sortez vite ! Les encens vont vous faire revivre vos souvenirs ! Ouste !

Les amis obéirent mais attendirent la dragonne devant la porte. Elle en sortit en portant Karine comme un bébé.

-Elle dort…

-Permettez Dame Yu, je vais la porter, dit Heï en tendant les bras.

Yu le laissa prendre Karine. Heï la regarda dormir, attendrit puis se dirigea vers la chambre de la jeune fille, suivit par Baï.

 

Assis devant un miroir de passage ouvragé, le Tao Tie dissertait avec Chi Faï.

-Oui, je pense que c’est juste… Une semaine sera le maximum. Bien entendu, ces calculs sont valables pour des conditions optimales, sans l’influence de Zhu Long… Seigneur ?

Le Tao Tie s’était penché vers un petit Li. Le petit dragon se hissa sur ses pattes arrière, mima une petite pantomime en piaillant puis tourna deux ou trois fois sur lui-même avant de s’arrêter pour attendre une réponse du tao Tie.

-La Cérémonie est finie… Karine se repose. Ho, je voudrais tellement lui épargner ces souffrances.

Chi Faï sourit et se permit de poser la main sur celles du Tao Tie.

-Je vous comprends Seigneur. Je suis moi-même très inquiet pour mes familles… Mais si vous quittez le monde des dragons, votre présence risquerait de détruire les mondes des hommes. La seule chose que nous pourront faire, c’est la soutenir.

Le Tao Tie hocha la tête puis prit un rouleau dans un panier à ses côtés.

-vous êtes bien plus sage que moi Chi Faï, allons-y, je veux être utile à ma petite Karine.

 

Baï se pencha pour souffler la lampe au chevet de Karine. Il s’arrêta pour regarder le visage endormi de la jeune fille puis éteignit la mèche. Il se redressa et sortit sur la pointe des pieds. Il croisa un petit-fils de Feng qui le salua et se posta devant la chambre.

-Pourriez-vous me prévenir quand elle se réveillera ?

Le zhiao hocha la tête en souriant. Il avait un corps de dragon quadrupède mais son visage était humain, malgré les vibrisses sur les côtés de son visage.

-Nous irons vous chercher…

-Merci.

Baï retourna dans sa chambre, dans les appartements de son père. Il retira ses vêtements et enfila une tunique de lin avant de se jeter sur le lit, épuisé par les événements de la journée. Il sommeillait depuis une demi-heure environ lorsqu’il fut réveillé par un léger froissement. Il ouvrit les yeux et vit Heï face à lui, les yeux pleins de larmes.

-Heï ? Fit-il en se hissant sur les coudes.

-Baï, je peux dormir avec toi ?

Baï resta interloqué par la demande et par la vue de son ami dans cet état. Il ne l’avait pas vu ainsi depuis au moins treize ans. Il ouvrit le lit et fit signe à Heï de se coucher.

-Merci, dit celui ci en se roulant en boule sous la couverture.

Baï le regarda faire puis le questionna d’une voix douce.

-Qu’y as-t’il ?

-J’ai fait un cauchemar… J’ai vu ma mère m’abandonner… Pourquoi elle a fait ça ? Pourquoi ?

Heï se remit à pleurer. Baï lui tapota les épaules patiemment tout en lui murmurant des paroles réconfortantes. Chi Faï arriva quelques minutes plus tard. Il tenait une bougie dans une de ses mains et camouflait la flamme de l’autre, tout en nouant une tunique longue autour de ses hanches.

-Baï, fit il d’une voix basse, que se passe t’il ?

-Heï a fait un cauchemar.

Chi Faï se pencha et effleura les boucles noires de Heï du bout des doigts.

-C’est à cause des encens qu’il a respiré… Il revoit des souvenirs de son passé, des souvenirs qu’il ne pensait même pas avoir… Tu devrais dormir Baï…

-Oui père…

Baï s’allongea de nouveau et son père s’éloigna. Alors qu’il allait sortir de la chambre, il regarda de nouveau les deux adolescents. Il soupira et alla dans sa propre chambre. Il s’assit sur son lit.

-Si il y avait seulement une manière d’éviter leurs souffrances… Juste, une… Je l’utiliserais, quelques en soit le prix… Même si il faut sacrifier ma vie.

 

-ATTAQUE SURPRISE ! ! !

Heï se réveilla en sursaut en entendant le cri. Il esquiva de justesse la masse de Karine lancée à pleine vitesse sur le lit. Elle atterrit entre les deux jeunes hommes en riant aux éclats. Baï se retourna dans son sommeil en grommelant, provoquant un nouvel éclat de rire de la part de Karine. Heï commença à émerger de sa torpeur.

-Karine ? Tu.. Tu vas bien ?

-Pile poil ratapoil, je me sens euphorique. Mama dit que c’est un effet secondaire des encens… Wou ! J’ai du me lever trop vite, ça tourne !

Elle se laissa tomber sur le dos à côté de Baï qui dormait toujours.

-Il est incroyable… Comment je le réveille ? Comme la Belle au Bois Dormant ?

-Qui ?

-Laisse tomber ! Ho, Baï, debout ! ! !

Chi Faï arriva en courant, sa tunique hâtivement nouée sur ses épaules. Il semblait affolé.

-Heï, Baï, qu’est ce que c’est que ce chambardement ?

-Karine est réveillée, dit Heï d’un air faussement accablé.

-Par contre, pour Baï, c’est pas gagné ! S’exclama la jeune fille, debout, debout, debout, chantonna t’elle.

Baï prit son oreiller en tâtonnant et glissa sa tête dessous. Karine s’agenouilla sur le lit, les poings sur les hanches.

-Ha c’est comme ça…

Elle sauta du lit d’un bond et saisit la couverture.

-Je vais te réveiller moi !

Elle tira d’un coup sec, sans tenir compte des protestations de Heï.

 

-Je suis désolée, gémit-elle. Je peux me retourner maintenant ?

-j’ai pas fini, dit Heï, hilare.

-Je ne savais pas que tu dormais… Heu… Sans rien.

-Maintenant tu le sais ! Tu n’avais jamais vu tes amis tout nu ?

-Si, Shiro quand on avait cinq ans… Depuis… Heu.. oui bon…

-MM, dodo, pas fini ce boucan ? Fit Baï en émergeant.

-Bonjour Baï, devine quoi, Karine est réveillée et va mieux.

Baï se leva vivement vit Karine et s’apprêta à courir vers elle, mais marcha sur le bas de sa tunique.

-Rien ne me sera épargné, dit Karine en se retournant de nouveau pendant que Heï s’écroulait de rire sur le lit et que Baï remontait sa tunique sur ses cuisses, rougissant comme un lampion de noel.

 

-GRAND PERE ! ! !

Le Tao Tie se retourna pour réceptionner une Karine euphorique. Elle lui sauta dans les bras avec brutalité et le serra contre elle.

-Grand-père, grand-père…

-Calme-toi, dit le Tao Tie, amusé par l’attitude de sa petite fille.

-Holala, si c’est ça être un dragon, tout le monde vas croire que j’ai un joint greffé au bec… Salut Papa !

Elle se pendit au cou de Feng et l’embrassa sur les deux joues.

-Et moi je vais croire que Kaenn s’est trompé dans les encens… As-tu retrouvé tes souvenirs de bébé ?

-tous ! Holaaa, ça tourne, je peux m’asseoir ?

Un petit Li créa un siège sur lequel Karine se laissa tomber. La jeune fille se massa les tempes et secoua la tête.

-Pfiuuu, wow… Je me calme… Je suis calme…

-Tu devrais aller prendre l’air, conseilla le Tao Tie, il y a plusieurs jardins, demande à un Petit Li de te guider.

-D’accord, à tout à l’heure! Tikou ! On va prendre l’air.

Elle se releva et partit en sautillant. Feng regarda son père.

-C’est surprenant…

-N’est ce pas…

-De qui tient elle cette énergie ?

-Elle me rappelle un jeune dragon blanc qui s’amusait à voler dans les orages, dit le Tao Tie en ouvrant un rouleau de soie.

Feng rougit sous l’allusion. Il fit mine de s’intéresser  au reflet d’un miroir.

-Père… Je m’inquiète à un sujet…

-Lequel ?

-Karine est… Enfin, elle a dix-sept ans. Et elle est entourée d’hommes…

-Où veux-tu en venir ? Demanda le Tao Tie en lisant le rouleau.

-Je veux dire qu’elle est nubile… Et… bon, je suis suffisamment grand-père comme ça…

Le Tao Tie roula le rouleau, un léger sourire aux lèvres et le rangea pour en prendre un autre.

-Feng, les humains ont inventé un truc étonnant.

-Ha, quoi donc ?

-La capote.

Feng resta bouche bée. Il s’empourpra.

-Mais enfin père ! ! ! Je vous parle de Karine ! C’est un dragon !

-Dragon de corps, mais humaine de cœur… Si elle était dragon de cœur… Les hommes n’auraient aucune chance de survie…

Feng baissa les épaules d’un air fatigué.

-Avant sa naissance, je ne m’étais jamais senti si vieux… J’ai l’impression… D’être un très vieil homme…

 

[1] Dans notre monde, Kuro s’était caché sous l’évier. Les correspondances diffèrent légèrement parfois…

A suivre: Chapitre 14 : A Travers le Miroir

 

It's my life!! (©Bon Jovi)

Kineko: Heu, les dragons?

Tous: Hn?

Kineko: j'ai un petit problème...

Tous: Holà.

Kineko: Je suis à l'avant dernier chapitre de Tao Tie...

Tous: Et?

Kineko: bah j'arrive pas à l'écrire.

Tous: Ouf...

Kineko: il est donc probable que quand on sera au chapitre 18, je ralentisse la parution de Tao Tie...

Tous: OLA!!!

Kineko: mais ne vous ne faites pas! Je vais faire des efforts pour que tout continue régulièrement!

Tous: Zuuuuut...

Baï: Allez achève moi... Y'a quoi dans le prochain chapitre?

Kineko: Ho, le Roi Noir est de retour, Enat et les deux autres font tout leur possible pour sauver DK et...

Karine: Auteur débile, ça c'est le D-club...

Kineko: Woups! Heu... Ha voila: Heï fait sa déclaration et vous êtes tout les trois embarqués dans le monde de Karine...

Karine: C'est tout?

Kineko: Heu, ha, tu vas rencontrer l'homme de ta vie...

Chapitre 12 Chapitre 14