Tao Tie

Chapitre 15 : Le tigre et la marionnette…

 

Shiro s’arrêta pour souffler. Karine et Heï couraient beaucoup plus vite que lui. Ils auraient put battre facilement n’importe quel coureur olympique. Shiro retira son pull et l’attacha autour de sa taille avant de se remettre à courir. Les idées se bousculaient dans sa tête. Depuis le début, il se sentait inutile, complètement hors jeu. Heï et Kuro étaient des Hen Li, Baï un magicien, Karine un dragon. Et lui, bêtement humain. Malgré sa grande intelligence, il ne leur était d’aucune aide. Il faillit tomber en butant contre un trottoir mais se remit sur pied de justesse. Il s’arrêta de nouveau pour reprendre son souffle.

-Je ne suis… Même pas capable… de leur amener leurs armes… Et ZUT ! ! !

Heureusement, le centre commercial n’était pas loin. Une foule compacte tentait d’en sortir, affolée. Shiro essaya de la franchir à contre courant tout en appelant ses amis.

-KARIIINE ! ! ! HEÏÏÏ ! ! !

Une main le saisit par le col et l’attira en arrière. En se retournant, il reconnut Heï.

-Karine t’avait interdit de venir, dit-il d’un ton sévère.

Shiro n’avait pas l’habitude que Kuro lui fasse les gros yeux, même pour rire. Il se sentit comme un enfant que l'on gronde. Il tendit timidement les armes.

-Vous… Vous aviez oublié ça, gémit il.

Heï les lui prit des mains sans quitter son air sévère.

-Retourne chez M. Fa, dit-il.

-Mais je veux vous aider !

Heï se tourna vers lui et lui donna un léger coup de doigt sur le front.

-Abruti, si tu es blessé, ou même, si tu meurs, Karine sera triste, et je ne veux pas que ça arrive…

Shiro le rattrapa par le col au moment ou il s’écartait.

-Et si Karine meurt, je ne serais pas triste moi ? ! S’exclama t’il. Je ne suis peut être pas capable de grand chose, mais je ferais tout ce que je peux ! ! !

Heï le regarda puis soupira et l’attrapant par le poignet, le tira derrière lui.

-C’est bon, suis-moi, mais reste derrière.

Heï tendit le bras et repoussa les gens qui fuyaient devant lui. En l’observant, Shiro comprit qu’il retenait sa force au plus haut point. Il déplaçait les hommes délicatement, plus en les guidant qu’en les repoussant. Il parvint jusqu'à un lampadaire duquel Karine se laissa choir. Elle vit Shiro.

-Que fais-tu ici ?

-Je viens vous aider. Où es-t’il ?

-Mais c’est dangereux, Shiro écoute, vas te mettre  à l'abri et...

Shiro posa ses doigts sur la bouche de son amie.

-Karine, dit-il doucement, où que tu ailles, j’irais aussi. Je ne veux plus te quitter…

Les deux amants se regardèrent dans les yeux en silence.

Vite brisé par le toussotement de Heï.

-Pardon, mais ce n’est ni le lieu, ni le moment pour que je vous tienne la chandelle. Le Hen Li… commença t’il avant de faire volte face.

Karine prit le caducée des mains de Heï et se mit en garde. Son ami devait avoir été alerté par quelques choses. Shiro reprenait son souffle quand il ressentit comme un frisson lui parcourir le dos.

-béééh, qu’est ce que j’ai ? J’arrête pas de frissonner…

Heï recula d’un pas, sans se retourner et fit passer Shiro et Karine derrière lui.

-Ce doit être le magicien… Baï m’a expliqué qu’il est capable de ressentir la proximité d’un magicien.

-Tu le sens toi aussi ?

Heï secoua lentement la tête sans quitter la porte du centre commercial des yeux.

-Non, je… Je le sens à l’instinct, c’est différent. Quelques choses vient…

Shiro eut un petit cri de surprise quand des pointes écailleuses transpercèrent les manches et les épaules du pull noir.

-Karine, sais-tu ce qu’est un Li Hu ?

-Non.

-C’est comme un Hen Li mais avec un tigre. Il ne maîtrise pas la magie, mais a une plus grande force qu’un animal normal. Je m’en occupe.

Shiro eut un autre frisson.

-Je crois qu’il arrive…

-Gagné, fit une voix dans leur dos.

Heï fit volte face et vit un  Hen Li devant lui. Il était à peu prés humanoïde, malgré les énormes cornes ornant l’arrière de son crâne déformé. Il avait des bras et des jambes corrects, bien que recouvert d’une peau jaune pâle. Mais sous ses bras humains, il y avait une deuxième paire de bras, plus semblable a des pattes antérieures à quatre doigts. La partie inférieure de son visage était humaine, et particulièrement belle, mais la partie supérieure était atrocement déformée par les deux paires d’yeux verts. Le Hen Li pencha la tête sur le côté.

-Je suis Tristan. Je viens chercher Dame Yu Long…

-Tristan ? Fit Karine, c’est pas très chinois comme nom.

Heï eut un grognement sourd en se retournant de nouveau. Il sentait la proximité du Li Hu. Comme une odeur pestilentielle qu’il ne percevait pas par le sens habituel. Tristan sourit.

-Le Monde chinois n’a pas l’apanage des Hen Li. Je suis né dans ce monde ci…

Heï lui jeta un coup d’œil. Le Li Hu était la. Son odeur était si proche que Heï avait l’impression d’être a ses côtés. Tristan restait à proximité mais sans s’approcher. Sans faire un seul geste pour attirer Karine a lui. Heï essaya de développer son ouïe. Il sentit vite l’augmentation de ses sens. Le bruit de son cœur, puis celui de Karine, prés de lui, de Shiro, plus agité. Celui de Tristan, très calme. Et…

Heï enfonça son poing dans le sol, sans préavis. Un hurlement de douleur lui répondit quand il empoigna une crinière de poils rude. Karine et Shiro s’écartèrent d’un bond et Tristan laissa tomber une exclamation dépitée.

-Ho, tu as trouvé mon Li Hu ? Etonnant, il n’a pourtant fait aucun bruit.

Karine regarda Heï empoigner le Li Hu quand celui ci émergea du sous-sol. En s’étant déplacé dans les égouts, le Li Hu était parvenu sous eux. Shiro émit un son étonné en détaillant l’animal.

Sa silhouette était celle d’un tigre. Quatre pattes puissantes et épaisses, une longue queue souple, un corps musclé… Mais la tête, bien que féline était frangée de vibrisses de dragon. Les yeux dorés lançaient des éclairs verts. La peau était de cuir souple vert sombre orné de rayure jaune dorée. Et sur la nuque et le dos de l’animal, une épaisse crinière dorée s’hérissait. Quand l’animal parvint à s’extirper du sol, Shiro nota une autre différence par rapport aux gros matous qu’il avait toujours vu au Jardin d’Acclimatation.

Environ deux mètres en hauteur.

Le Li Hu se tourna vers Heï et rugit avant d’essayer de lui arracher les bras. Le Hen Li recula d’un bond et revint prés de Karine tandis que l’animal retournait prés de son maître. Tristan lui gratta le menton.

-On m’avait dit que ton Hen Li était puissant, mais a ce point là…

-Heï n’est pas mon Hen Li, c’est mon ami…

Tristan eut un gentil sourire.

-bon, puisque le plan 1 n’a pas marché, passons au plan 2.

Il traça un signe de sa main droite. Une boule bleue se forma devant lui. Heï n’eut que le temps de saisir  Karine par la taille et Shiro par le bras avant de bondir sur le côté. La boule laboura leur emplacement sur une dizaine de mètres. Karine se dégagea et regarda la tranché.

-Nom de… Mais c’est quoi cette magie ?

-La foudre répondit Shiro.

Heï et Karine le regardèrent.

-C’est une magie très puissante et…

Shiro s’interrompit.

-D’où je le sais ?

Heï ne répondit pas et bondit sur le Li Hu en rugissant. L'animal feula à son tour et se ramassa sur lui-même. Heï le percuta de plein fouet et le frappa plusieurs fois avant de se tourner vers Karine et Shiro.

-allez vous mettre à l’abri !

Karine empoigna la main de Shiro est partit en courant dans le centre commercial. Tristan hésita un instant puis abandonna Heï au Li Hu et suivit les deux amis.

-Kariiine ! On va pas laisser Heï tout seul !

-Pour l’instant, je cherche un plan !!!

En se retournant, Shiro vit Tristan les suivre à grandes enjambées tranquilles.

-L’autre nous suit !

-Ok, accroche-toi.

Karine saisit son petit ami par la ceinture et prenant appui sur la barrière, sauta à l’étage du dessous. Elle atterrit souplement et rattrapa Shiro.

-Il est bien fini le temps des Princesses à sauver, grommela celui ci tandis que Karine le reposait.

Karine ne lui répondit pas et leva les yeux. Penché à la rambarde, Tristan les regardait d’un air amusé, tout en murmurant une comptine.

-« Loup, Loup, y es-tu ? Que fais-tu ? … »

-Barrons-nous, dit Karine…

-Si vous voulez jouer au chat et à la souris, c’est comme vous voudrez, mais vous ne pourrez pas sortir d’ici…

Le sol sous les pieds de Karine et Shiro explosa. Ils se remirent d’aplomb avec difficulté et recommencèrent à courir, alors que Tristan riait aux éclats derrière eux.

-Le centre commercial est cerné d’une barrière ! Toutes les portes sont bloquées !!

Soudain, Shiro s’arrêta et se retourna. Karine le vit stopper, mais portée par son élan, ne put ralentir que cinq mètres plus loin.

-Shiro mais qu’est ce que tu…

-J’appelle, commença Shiro avec une voix peu assurée.

-Hein ? S’exclama Karine en le voyant faire des gestes familiers.

-Le fauve des Flammes !!!

Les idéogrammes tracés devant lui s’illuminèrent et la silhouette d’un lion de feu apparut pour se ruer sur Tristan. La barrière explosa projetant un nuage de poussières et de gravats. Karine approcha de Shiro et le retourna vivement.

-Mais comment as-tu fais ça ? Tu… Baï ?

Shiro hocha la tête avant de vaciller. Karine le retint fermement.

-Holà ! Shiro ?

 

-Rheu rheu rheu !!!

-Seigneur Fa ! Baï ne va pas bien ! S’exclama Kuro en essayant de se relever.

Aka et Fa entrèrent en courant. La jeune Zhiao obligea Kuro à se recoucher tandis que Fa retournait Baï. Les draps étaient en sang.

-Ho non ! Petit crétin !!! Utiliser la Danse des Marionnettes dans ton état !!

-C’est quoi ? Demanda Kuro.

-Une technique de possession, répondit Aka, utilisée par les magiciens des Dragons, elle permet d’intervertir les âmes de double et ainsi d’utiliser leur corps.

-Aka, appelle un médecin ! Ce petit idiot crache du sang !

-J’y vais.

 

-Tu te sens mieux ? Tu m’as fait peur !

-Je crois que ça va, mais… Baï a prit possession de mon corps…

-J’ai vu… J’espère que les proprios ne vont pas nous demander de rembourser, dit Karine en montrant les dégâts.

-Oups…

Une partie de l’avancée du deuxième étage était la proie des flammes.

-Tu crois qu’il est mort ?

Un hurlement de rage les fit sursauter et Tristan sortit des flammes, ses vêtements en lambeaux. Ses yeux flamboyaient de colère et il chercha les deux amis du regard.

-Vous voilà… Vous n’auriez pas du…

-Ho, mercredi, Shiro, court!

Le jeune homme ne se le fit pas dire deux fois et partit en courant dans l’allée centrale. Il entendit un choc quand Tristan sauta à leur niveau et sentit un fort frisson entre ses épaules. Il jeta un regard par-dessus son épaule et vit, terrifié, que Tristan préparait un sortilège, aidé à la fois de ses deux mains et de ses pattes.

-Karine !!!

Le sort était bien trop puissant, suffisamment pour blesser Karine et atomiser le corps de Shiro. Il sentit un déferlement de souvenirs et d’émotion dans son esprit.

 

-Les fils qui nous unissent, bafouilla Baï.

-Ho non !!! Baï non !!!

-Sont tels ceux d’une marionnette…

Une quinte de toux interrompit Baï et un filet de sang coula du coin de sa bouche.

-.. Keuf …Je veux te faire Danser, mon frère, mon double, mon second moi… J’en appelle à La danse des marionnettes…

Le corps de Baï s’arqua brutalement dans les bras de Fa.

-Aka, aide-moi !!!!

 

-Esprit de la terre, envoie-moi ton armure !!!

Un mur d’acier s’interposa entre Tristan et les deux amis. Le sort de Tristan forma une lance de foudre qui se planta dedans. Le mur ralentissait la lance, mais celle ci s’enfonçait inexorablement. Baï prit Karine par la main.

-Vite ! Mon mur ne tiendra pas !!!

Karine hocha la tête et suivit son ami. Elle entendit un fort craquement lorsque le mur lâcha en même temps qu’une masse noire et rouge passait entre Karine et Baï. Heï repoussa la lance de foudre d’un coup d’épaule et bondit sur Tristan. Le Hen Li rouge et le jaune s’empoignèrent un moment en rugissant.

-Heï !!! S’exclama Karine, soulagée de voir son ami en vie.

Une main peu assurée lui tirailla la manche et elle se retourna. Le Li Hu approchait en feulant. Karine soupira.

-Et merde… Heï ! On s’arrache.

Heï bondit en arrière, relâchant Tristan et atterrit à quatre pattes prés de Karine. La jeune fille leva le caducée.

-Bon, j’espère que mes souvenirs sont encore vivaces.

Elle ferma les yeux en murmurant une incantation et traça des signes devant elle.

-Par les cinq éléments, par le Ciel et par la Terre, Je demande une protection, de par mon nom, Yu Long, j’appelle la sphère de lumière…

Le Li Hu bondit vers les trois amis et s’écrasa mollement contre un mur invisible. Karine soupira.

-Bon, c’est déjà ça, je peux utiliser la magie…

-On a intérêt a trouver autre chose, dit Heï en arrachant son pull.

Durant son combat contre le Li Hu, sa peau humaine avait été déchirée, laissant apparaître sa peau rouge par de longues estafilades. Karine jeta un coup d’œil  au blondinet.

-Qui est à l’appareil ?

-Shiro, je crois que Baï est dans les pommes, répondit Shiro.

-Zut, tant pis, Heï, par ou es-tu entré ? Je croyais qu’il avait scellé les portes ?

-Je suis passé par la rue sous le sol, a un moment, je suis arrivé dans un tunnel rond…

-Le métro… Je vois…

Shiro regarda le Li Hu tourner autour de la protection. Un peu plus loin, Tristan essayait de se relever, encore sonné par les coups de Heï. Le jeune homme réfléchit un moment puis se tourna vers Karine.

-Karine, un dragon, c’est très solide ?

-Increvable, grommela la jeune fille.

-Même si un métro lui passe dessus ? Ajouta Shiro avec un sourire malicieux.

Karine le regarda, étonnée puis hocha la tête en souriant.

-La ligne 14 est automatique si je me souviens bien, non ?

-On descend.

-A trois, je relâche la protection, Heï, tu nous suis sans te poser de question.

-Je t’ai déjà dit que je te suivrais jusqu’en enfer ! Répliqua le jeune homme en pivotant vers Karine.

-Un… Deux…

-Vous allez me le payer ! Hurla Tristan en lançant une boule de feu.

La protection tomba brusquement et Karine fit un grand mouvement des épaules et des hanches.

Le caducée frappa la boule de plein fouet et la renvoya vers Tristan qui n’eut que le temps d’esquiver.

-HOME RUN!!! Brailla Shiro.

Les trois amis repartirent en courant, suivit par le Li Hu qui stoppa néanmoins quand son maître le siffla. Tristan agrippa la crinière de poils rude et se hissa à califourchon sur le dos du Li Hu.  L’animal s’orienta de nouveau et suivit la piste des trois amis.

 

-Bon, la on est au métro, dit Karine en réfléchissant à voix haute, mais comment on va faire pour faire passer Tristan sous l’Orient Express ?

-C’est quoi ça ? Demanda Heï en se grattant l’épaule.

-C’est rien, arrête de t’arracher la peau.

Shiro regarda son amie puis eut une idée.

-Si on utilisait un appât pour l’attirer sur la voie ?

-Bonne idée, dit Karine, je fais l’appât.

-MAUVAISE IDEE ! S’exclamèrent les deux garçons.

-Très mauvaise, ajouta Shiro, si le métro peut tuer Tristan et la bestiole, tu y passeras aussi !

Karine secoua la tête.

-Mais non, je me planquerais dans une porte de secours ! Ecoutez, au prochain métro, fait le évacuer, il risque d’y avoir des innocents de tués si le métro se renverse.

-Tu me fais peur Karine, murmura Shiro en la retenant par le bras, si jamais tu meurs, je…

La jeune fille s’approcha vivement et déposa un baiser sur les lèvres de son amant. Heï essaya de regarder ailleurs en se raclant la gorge.

-Karine ? Hum, Karine, Shiro ? Au cas ou vous auriez oublié, un Hen Li nous court après avec un Li Hu… C’est pas le moment…

Karine et Shiro se séparèrent et la jeune fille fit signe d’au revoir avant de sauter sur la voie. Shiro se pencha pour la regarder partir.

-Et fait attention au rail électrique !!!

-Promis !

Heï et Shiro restèrent seuls, face à face. Heï écouta les bruits, a l’affût de l’arrivée de Tristan

-Tu as de la chance, dit-il a Shiro.

-Hein ?

Heï le regarda, l’air fataliste.

-Karine… De nous quatre, tu es le seul a recevoir son amour.

Shiro rougit et se gratta le crane.

-Ben, heu… Cela aurait put être toi.. Ou Baï…

-Non.

Heï secoua la tête puis sourit  au jeune homme, dévoilant ses crocs.

-Tu lui étais destiné… Tout comme elle t’était destinée…

Il tourna vivement la tête et saisit Baï par l’épaule.

-Viens par la.

Il le traîna jusque derrière un distributeur de boisson. Tristan et le Li Hu arrivaient à leur tour. Le Li Hu flaira la piste des deux amis puis celle de Karine qui s’éloignait. Il hésita longuement avant que son cavalier le rappelle à l’ordre d’un coup de talon dans les côtes.

-Li Hu !!! Cherche la fille, vite !!! Ho, je m’en veux de ne pas avoir pensé à fermer le métro…

Sous l’injonction de son maître, le Li Hu bondit sur la voie. Peu après, un métro stoppa devant les deux amis. Fort heureusement, il était presque vide. Heï mesura le train du regard.

-Drôle de serpent…

-Si tu veux, il faut les faire sortir de la en vitesse avant que les portes ne se ferment.

-Si j’entre dedans et que je menace de les tuer, ça marcheras pas ?

Shiro leva les yeux au ciel puis eut une idée. Il emplit ses poumons d’air.

-ALERTE A LA BOMBE !!!

Les passagers bondirent hors du train comme un diable de sa boite. L’un d’eux se planta devant les jeunes gens et sortit une boite de son long manteau.

-EXACT ! ET JE VAIS TOUT FAIRE SAUTER AU NOM DE…

Il se tut lorsque le bras de Heï s’enfonça dans le flanc du métro jusqu’au coude, avec un bruit de métal froissé. Le fanatique regarda le jeune homme qui lui sourit, découvrant ses crocs acérés. Il tendit l’autre main sans cesser de sourire.

-Sois gentil… donne-moi ça…

Le fanatique obéit, paralysé par le regard de Heï. Le jeune homme retira son bras du trou, déchirant encore sa peau humaine par la même occasion, puis se tourna vers Shiro.

-C’est bon, dit-il joyeusement, tout le monde est sortit !

Shiro laissa choir sa mâchoire. Il avait juste senti un déplacement d’air quand le Hen Li avait bougé. Rien d’autre. Heï lança nonchalamment la bombe dans le compartiment ouvert derrière lui, au moment ou les portes se refermaient avec un sifflement strident. Shiro bondit sur place.

-Heï ! Non !

-Quoi ? Fit celui ci pendant que le métro repartait.

-C’est une bombe !!! Ca risque de blesser Karine.

Le Hen Li porta la main a sa bouche.

-Ho merde…

L’explosion les jeta sur les genoux. Heï se releva et attrapa le terroriste par le col.

-Minute-toi, j’ai deux mots à te dire au sujet de la poudre explosive…

-KARIIINE !! Brailla Shiro en se penchant.

Une silhouette approcha en toussant dans l’épaisse fumée grise qui avait empli le tunnel. Karine leva les yeux vers ses deux amis, l’air fâchée.

-OU  avez-vous trouvé une bombe ?

Heï montra son captif du doigt.

-C’est lui qui a commencé !!!

Karine allait remonter sur le quai quand elle entendit le rugissement de colère de Tristan Celui ci arriva à son tour. Il était gravement blessé, un de ses bras humains avait été arraché et son visage brûlé.

-Tu vas me le payer sale garce ! Brailla t’il en préparant un sort.

Le caducée tourna dans la main de Karine comme un sabre tandis qu’une formule lui revenait en mémoire.

-Deux en un, homme et dragon, deux en un, doubles rassemblés, maintenant je réclame la séparation.

Karine abattit son caducée devant Tristan. Surpris par la formule, il essaya de reculer mais sentit que son corps ne lui obéissait plus. Il baissa les yeux sur son ventre et vit une tête de dragon en sortir. Heï, Shiro et le terroriste, penché par-dessus le bord du quai, eurent un gémissement de dégoût.

-Béééé…

-Mais c’est un démon ? Geignit le terroriste, qu’est ce qu’elle lui fait ?

-au vu de la formule et de la réaction, je crois qu’elle est en train de séparer la partie humaine et la partie dragon, expliqua Shiro.

-C’est gerbant… tu crois qu’il survivra ?

Alors que le dragon achevait de sortir du corps de Tristan, celui ci se fendit en deux et les morceaux retombèrent, inertes. Le dragon se tordit pitoyablement quelques secondes sur le sol, avant de disparaître dans un scintillement vert. Karine leva les yeux vers Shiro et tendit la main.

-Tu m’aides ?

 

-YU LONG !!!

Fa dévala les marches en courant et bondit par-dessus le comptoir pour prendre sa sœur dans ses bras.

-IYAAA ! Grand frère !!!

-Tu vas bien ?

-Impec, pourquoi ?

-On a eut un problème, cet imbécile de Baï a utilisé un sort auquel il n’avait logiquement pas accès.

-Pourquoi ?

-Niveau trop faible, corps affaibli… Bref, il nous a fait une hémorragie interne. Heureusement on a fait venir des guérisseurs tout de suite et il va mieux…

Karine monta à l’étage et entra dans la chambre des garcons. Kuro tourna légèrement la tête vers elle et fit l’effort de lui sourire malgré sa fatigue. Elle lui rendit son sourire et approcha de Baï. Le jeune magicien dormait paisiblement, Aka a ses côtés. La jeune femme vérifiait une perfusion accrochée au bras de Baï. Elle leva les yeux en entendant Karine approcher et s’approcha.

-Il est encore plus affaibli que Kuro. Ne le laissez pas parler et… Dites lui de rester tranquille.

-Merci Aka.

-Je vous en prie Dame Yu Long, après tout je suis votre arrière- arrière- arrière- arrière- arrière- arrière- arrière- arrière- arrière-petite nièce…

-Et l’ arrière- arrière- arrière- arrière- arrière- arrière- arrière- arrière- arrière-grand-père, ce ne serais pas Fa par hasard ?

Aka eut un sourire mutin et sortit de la chambre, laissant Karine parler avec Baï. Karine approcha du lit silencieusement et s’assit sur le bord du matelas. Le léger mouvement réveilla Baï qui entrouvrit les yeux.

-Salut blondinet, murmura Karine.

Baï allait parler lorsqu’elle l’interrompit en posant ses doigts sur ses lèvres.

-Chut, interdit de parler… Ca tombe bien, j’ai a te causer.

Elle se pencha sur le jeune homme pour lui parler a l’oreille.

-Baï, ne recommence jamais ca… Je sais que tu l’as fait pour m’aider, mais si tu venais a mourir… Je… Je ne le supporterais pas.

-Parce que… Si je meurt, Shiro aussi, murmura Baï.

-NON ! S’exclama Karine. Non, c’est faux ! Baï… Je t’aime bien… Tu es un vrai ami pour moi et je serais capable de tout pour t’aider… Mais ce n’est pas a cause des doubles que je ne veux pas te perdre. Je serais aussi triste si je te perdais que si je perdais Kuro et Heï ! Je vous aime autant tout les quatre ! C’est juste que Shiro… Je l’aime différement…

Baï essaya d’ouvrir la bouche de nouveau mais elle l’arrêta.

-Non, ne parle pas… Tu dois te reposer.

Karine baissa la tête et déposa un baiser sur le front de Baï.

-Dors maintenant…

Elle recouvrit soigneusement son ami avec la couette et s’écarta silencieusement. Elle se tourna vers Kuro qui lui souriait malicieusement tout en montrant son propre front.

-Bisous ? Fit il d’un air implorant.

Karine eut un petit rire et se pencha de nouveau pour l’embrasser. Elle sortit ensuite de la pièce et referma la porte. Heï et Shiro l’attendaient dehors. Heï s’était débarrassé du pull en lambeau et des chaussures de Kuro. Karine pouvait voir sa peau de dragon apparaître sous l’humaine.

-Les autres passeurs sont là, déclara t’il.

Karine hocha la tête et le suivit jusqu’au Miroir du Vide. Fa s’était installé dans son grand fauteuil et une demi douzaine d’hommes se tenaient autour de lui. Ils se tournèrent tous quand Karine entra. Fa se leva.

-Chers amis… Je vous présente Yu Long… Ma sœur. Yu Long, voici les Passeurs de France.

Karine s’inclina légèrement en guise de salut et fut très surprise quand les humains s’agenouillèrent.

-Dame Yu Long, c’est un honneur pour nous de vous rencontrer.

-Mais, heu, relevez vous, supplia Karine, embarrassée.

Fa sourit et se rassit.

-Yu Long, nous allons réinitialiser le Miroir.

  A suivre

Chapitre 16: Le Calme avant la tempête...

 

Panikabor

Kineko: holalalalalala!!!

Heï: N'empêche on est méchant...

Kineko: vite vite...

Baï: Bah pourquoi?

Kineko: Ecris ecris ecris...

Heï: Elle fait tellement d'effort pour finir cette histoire...

Kineko: J'ai pu d'idéeeeeeeee!

Heï: On devrais l'aider...

Baï: Ouais, je pense aussi.

Silence a peine troublé par le bruit du cerveau de Kineko qui fonctionnent à plein régime.

Heï: Je te latte à Soulcalibur.

Baï: Tenu...

Chapitre 14

Chapitre 16